Quatre collectivités d'outre-mer voteront le 14 mars 2027
Quatre collectivités d'outre-mer renouvelleront leur assemblée locale le même dimanche, selon des décrets parus au Journal officiel. Le jour du vote est commun, mais la taille des conseils, la prime accordée à une liste et le nombre de tours prévus changent d'un territoire à l'autre. À Saint-Pierre-et-Miquelon, la prime représente à elle seule plus de la moitié des sièges, quand Wallis-et-Futuna n'en mentionne aucune.
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Dans quatre collectivités d'outre-mer, les électeurs savent désormais quel jour ils renouvelleront leur assemblée locale. Des décrets publiés au Journal officiel du 1er octobre 2026 fixent ce rendez-vous au dimanche 14 mars 2027. Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et les îles Wallis et Futuna voteront donc le même jour.
Ce calendrier commun cache pourtant des règles de scrutin qui diffèrent nettement d'un territoire à l'autre. La taille des assemblées, le poids de la prime majoritaire et le nombre de tours varient selon la collectivité. Les quatre textes permettent de comparer ces mécanismes, et de mesurer ce qu'ils accordent à la liste qui obtient la prime.
Un même dimanche de mars pour quatre scrutins locaux
Les quatre décrets datent du 28 septembre 2026 et ont été pris sur le rapport des ministres de l'intérieur et des outre-mer. Ils ont paru ensemble dans l'édition du Journal officiel du 1er octobre 2026, sous la rubrique du ministère des outre-mer. Trois d'entre eux convoquent les électeurs, tandis que le quatrième fixe la date de l'élection et renvoie la convocation à un arrêté. Cette nuance de vocabulaire annonce une procédure différente aux îles Wallis et Futuna, détaillée plus loin.
Le premier tour est fixé au dimanche 14 mars 2027 dans les quatre collectivités. À Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin, un second tour est prévu le dimanche 21 mars 2027, s'il est nécessaire d'y procéder. Le texte consacré aux îles Wallis et Futuna ne mentionne, lui, aucun second tour. Une semaine seulement sépare donc les deux tours, dans les trois territoires où le décret prévoit deux tours.
Les trois décrets de convocation sont rédigés sur le même modèle, article par article. Le premier article convoque les électeurs, le deuxième fixe les heures d'ouverture et de clôture du scrutin. Le troisième prévoit le second tour éventuel, le dernier confie l'exécution du texte aux deux ministres. Chaque notice qualifie par ailleurs le décret de texte autonome.
Les décrets ne précisent ni la durée de la campagne électorale, ni la date limite de dépôt des listes. Ces étapes relèvent d'autres dispositions, que les textes publiés ne reproduisent pas. Le calendrier rendu public se limite donc, à ce stade, aux jours de vote eux-mêmes. Le tableau ci-dessous rassemble ce que les quatre textes établissent, collectivité par collectivité.
| Collectivité | Membres | Prime majoritaire | Second tour |
|---|---|---|---|
| Saint-Pierre-et-Miquelon | 19 | 10 sièges | 21 mars 2027 |
| Saint-Barthélemy | 19 | 7 sièges | 21 mars 2027 |
| Saint-Martin | 23 | 8 sièges | 21 mars 2027 |
| Wallis-et-Futuna | 20 | Aucune mentionnée | Aucun mentionné |
Saint-Pierre-et-Miquelon : une prime de 10 sièges sur 19
Le conseil territorial de Saint-Pierre-et-Miquelon compte 19 membres, selon la notice de son décret de convocation. Ces élus proviennent de deux sections communales, qui ne pèsent pas du tout le même poids. La section de Saint-Pierre en désigne 15, celle de Miquelon-Langlade en désigne 4. Le nombre de conseillers issus de chaque section est ainsi indiqué par la notice du décret.
Le conseil se renouvelle intégralement, au scrutin de liste à deux tours. Une prime majoritaire de 10 sièges y est prévue, à côté de la répartition proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne. Sur les 19 sièges du conseil, 9 restent ainsi à répartir à la proportionnelle une fois la prime attribuée. La prime représente donc à elle seule davantage de sièges que la part proportionnelle.
Ce rapport se lit d'abord comme une proportion, que les chiffres du décret suffisent à établir. Avec 10 sièges sur 19, la prime représente à elle seule plus de la moitié du conseil territorial. Le décret ne dit pas, en revanche, si ces 10 sièges reviennent à une seule liste ou se répartissent entre les deux sections communales. La portée exacte de la prime sur la formation d'une majorité ne peut donc pas être tirée du seul texte publié.
Le scrutin y est ouvert et clos aux heures fixées par le décret, exprimées en heure locale. Le texte réserve l'application de dérogations prévues par le code électoral, sans en reprendre le détail. Le second tour, s'il a lieu, se déroule selon les mêmes modalités que le premier. Ces dispositions pratiques sont rédigées dans des termes identiques pour Saint-Barthélemy et Saint-Martin, au renvoi près.
Saint-Barthélemy et Saint-Martin, des primes qui ne suffisent pas seules
Le conseil territorial de Saint-Barthélemy compte lui aussi 19 membres, autant que celui de Saint-Pierre-et-Miquelon. Il se renouvelle intégralement, au scrutin de liste à deux tours et à la représentation proportionnelle. La prime majoritaire y est en revanche de 7 sièges, soit trois de moins qu'à Saint-Pierre-et-Miquelon. À taille égale, les deux conseils n'attribuent donc pas le même nombre de sièges au titre de la prime.
Après la prime, 12 sièges restent à répartir à la plus forte moyenne à Saint-Barthélemy. La majorité absolue d'un conseil de 19 membres demande 10 sièges, quand la prime n'en apporte que 7. Pour être majoritaire, la liste primée a donc besoin d'au moins trois sièges supplémentaires dans le partage proportionnel. La prime la renforce nettement, sans lui garantir à elle seule la majorité du conseil.
Avec 23 membres, le conseil territorial de Saint-Martin est la plus nombreuse des quatre assemblées appelées aux urnes. Sa prime majoritaire est de 8 sièges, ce qui laisse 15 sièges à la répartition proportionnelle. La majorité absolue y est de 12 sièges, soit quatre de plus que ce qu'apporte la prime. Comme à Saint-Barthélemy, la prime y pèse donc moins lourd que la part proportionnelle.
Ces deux décrets contiennent une mention absente du texte de Saint-Pierre-et-Miquelon. Leur notice vise les électeurs inscrits sur les listes électorales, y compris complémentaires. Aucun des deux textes ne définit ces listes complémentaires, ni ne dit combien d'électeurs y figurent. La notion relève du code électoral, que les décrets visent sans le reproduire.
Qu'est-ce qui distingue le scrutin de Wallis-et-Futuna ?
Le décret consacré aux îles Wallis et Futuna ne convoque pas directement les électeurs, contrairement aux trois autres textes. Il fixe la date de l'élection au dimanche 14 mars 2027 et confie la convocation des collèges électoraux à un arrêté de l'administrateur supérieur. Cet arrêté ne figure pas dans l'édition du Journal officiel qui publie le décret. Le décret vise également un texte du 29 juillet 1961, qui a conféré aux îles Wallis et Futuna le statut de territoire d'outre-mer.
L'assemblée territoriale compte 20 membres, élus dans cinq circonscriptions de taille inégale. Mua en désigne 6, Hahake et Alo en désignent 4 chacune, Hihifo et Sigave 3 chacune. Mua est ainsi la circonscription la mieux dotée de toute l'assemblée. Les deux circonscriptions les moins dotées réunissent ensemble autant de sièges qu'elle seule.
Le mode de scrutin retenu est le scrutin de liste à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne. Le décret ne mentionne ni prime majoritaire, ni second tour, à la différence des trois autres textes. Le texte ne réserve donc aucun siège à une liste au titre d'une prime. La composition de l'assemblée dépend du seul partage proportionnel, dans le cadre des cinq circonscriptions.
Cette différence change la lecture des résultats à venir. Sans prime, la majorité absolue de 11 sièges sur 20 ne peut provenir que de la répartition proportionnelle. Le décret ne prévoit aucun mécanisme destiné à dégager une majorité, ni prime ni second tour. Il ne rattache pas les cinq circonscriptions à l'une ou l'autre des îles, qu'il ne désigne que collectivement.
- Mua : 6 sièges
- Hahake : 4 sièges
- Alo : 4 sièges
- Hihifo : 3 sièges
- Sigave : 3 sièges
Comment les sièges sont-ils attribués entre les listes ?
Malgré leurs différences, les quatre textes décrivent la même façon de voter pour une liste. Le scrutin se déroule sans adjonction ni suppression de noms, et sans modification de l'ordre de présentation. L'électeur vote donc pour une liste telle qu'elle a été déposée, sans pouvoir rayer ni ajouter un candidat. Cette règle figure à l'identique dans les quatre décrets, quelle que soit la taille de l'assemblée.
La répartition proportionnelle suit partout la règle de la plus forte moyenne. Les décrets nomment cette règle sans en donner la formule, qui relève du code électoral. Le calcul exact des sièges, liste par liste, ne peut donc pas être refait à partir des seuls décrets. Il suppose les résultats du vote et les dispositions du code auxquelles les textes renvoient.
Les quatre assemblées sont renouvelées intégralement, selon les notices des décrets. Aucun des textes ne prévoit de renouvellement partiel, par moitié ou par série. Au total, 81 sièges sont soumis au vote le même dimanche dans ces quatre collectivités. Ce total additionne des assemblées de tailles voisines, de 19 à 23 membres.
Chaque décret vise un article différent du code électoral, sans en reproduire le contenu. Celui de Wallis-et-Futuna vise en outre le texte relatif au statut des îles, déjà cité. Les notices ne disent pas si ces articles diffèrent sur le fond ou seulement par leur place dans le code. Leur exécution est confiée, dans les quatre cas, au ministre de l'intérieur et à la ministre des outre-mer.
Ce que ces décrets changent pour les électeurs, les listes et l'administration
Pour les électeurs inscrits, le premier effet est de connaître la date du vote plusieurs mois à l'avance. Ce repère est commun aux quatre territoires, même si la convocation formelle diffère à Wallis-et-Futuna. Les électeurs des trois autres collectivités savent aussi qu'un second tour reste possible une semaine après le premier. Les décrets ne disent pas, en revanche, combien d'électeurs sont inscrits dans chaque territoire.
Pour les listes qui ne remporteraient pas la prime, l'enjeu se lit dans le nombre de sièges laissés à la proportionnelle. Ce volant va de 9 sièges à Saint-Pierre-et-Miquelon à 15 sièges à Saint-Martin. Il atteint 20 sièges à Wallis-et-Futuna, où aucune prime n'est mentionnée. Plus ce volant est large, plus la composition finale de l'assemblée dépend du partage proportionnel des voix.
Les administrations de l'État et les collectivités chargées d'organiser les opérations électorales figurent parmi les publics concernés. La commission de contrôle et les partis habilités à participer à la campagne sont également cités dans les quatre notices. Les textes énumèrent ces acteurs sans décrire les tâches qui reviennent à chacun d'eux. À Wallis-et-Futuna s'ajoute l'administrateur supérieur, à qui le décret confie la convocation des collèges électoraux.
Pour la décision publique, ces textes ouvrent un cycle électoral local dans quatre territoires à la fois. Les assemblées élues en mars exerceront les compétences que leur statut leur reconnaît, et que les décrets ne décrivent pas. La comparaison des règles montre déjà que la répartition des sièges n'obéira pas partout à la même mécanique. Les textes ne disent rien, en revanche, de la durée du mandat qui s'ouvrira en mars.
Une prime de plus de la moitié des sièges dans un cas, d'un peu plus du tiers dans deux autres
Rapportée à la taille de chaque conseil, la prime majoritaire n'a pas le même poids d'un territoire à l'autre. À Saint-Pierre-et-Miquelon, elle représente plus de la moitié des sièges, soit davantage que tous les autres sièges réunis. À Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, elle représente un peu plus du tiers des sièges du conseil. Ces deux collectivités se retrouvent ainsi proches l'une de l'autre, et nettement à l'écart de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ces proportions sont calculées par la rédaction à partir des seuls chiffres publiés dans les notices. Elles ne disent rien des résultats passés, que les décrets ne mentionnent pas. Elles décrivent la mécanique du scrutin, pas l'équilibre politique de chaque territoire. Une prime élevée ne dit pas quelle liste a le plus de chances de l'obtenir.
L'assemblée de Wallis-et-Futuna se place à part dans cette comparaison, puisque aucune prime n'y est mentionnée. Sa taille, de 20 membres, la situe pourtant entre les conseils de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin. La différence tient donc au mode de répartition des sièges, et non au nombre d'élus. C'est la seule des quatre assemblées dont la composition repose entièrement sur la proportionnelle.
Le rapport d'information n° 1521 de la délégation aux outre-mer de l'Assemblée nationale, déposé le 4 juin 2025, compare les modes de scrutin alors en vigueur dans les assemblées d'outre-mer et de Corse. Son tableau donne une prime de 53 % à Saint-Pierre-et-Miquelon, un cas que le rapport juge « assez rare et atypique », et de 33 % à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et en Polynésie française. Il donne 20 % en Martinique et en Guyane, 18 % en Corse, aucune prime à Wallis-et-Futuna. Aucune autre valeur du tableau ne dépasse 33 %.
Le scrutin de mars permettra de vérifier comment ces règles se traduisent en sièges, territoire par territoire. Une pièce reste attendue : l'arrêté de l'administrateur supérieur qui convoquera les électeurs de Wallis-et-Futuna. Les dépôts de listes puis, au soir du vote, la répartition des sièges compléteront ce tableau. Ce sont ces documents, et non les décrets, qui diront quelle place la prime aura occupée dans chacun des trois conseils territoriaux.
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Ce que la donnée ne dit pas
Les décrets ne donnent pas le nombre d'électeurs inscrits dans chaque collectivité : ni la participation attendue, ni le poids électoral respectif des territoires ne peuvent en être tirés.
Ils ne fixent ni la durée de la campagne, ni la date limite de dépôt des listes, qui relèvent d'autres dispositions non reproduites dans les textes publiés.
La formule de la plus forte moyenne et les conditions d'attribution de la prime majoritaire sont nommées sans être détaillées : elles relèvent du code électoral, que les décrets visent.
Le décret de Saint-Pierre-et-Miquelon ne dit pas si la prime revient à une seule liste ou se répartit entre les deux sections communales. Aucune majorité acquise ne peut en être déduite.
Aucun résultat d'une élection antérieure n'est cité : les décrets ne permettent de dire ni si les règles ont changé depuis le précédent renouvellement, ni quelle durée de mandat s'ouvre.
La convocation des électeurs de Wallis-et-Futuna dépend d'un arrêté de l'administrateur supérieur, qui ne figure pas dans l'édition du Journal officiel publiant le décret.
Sources
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Enrichissement
Questions fréquentes
Quelle prime majoritaire prévoient les décrets électoraux d'outre-mer ?
La notice de chacun des trois décrets de convocation en indique le montant pour le conseil territorial concerné, et le tableau de l'article les rassemble. Le décret de Wallis-et-Futuna n'en mentionne aucune. Les décrets n'en détaillent pas les conditions d'attribution, qui relèvent du code électoral.
Y a-t-il un second tour à Wallis-et-Futuna ?
Le décret n'en mentionne aucun : il décrit un scrutin de liste à la proportionnelle, sans second tour ni prime majoritaire mentionnés. Les raisons de cette différence ne figurent pas dans le texte publié. Les règles applicables relèvent du code électoral et du statut du territoire, que le décret vise.
Peut-on modifier une liste en votant aux élections territoriales ?
Non, selon les quatre décrets publiés au Journal officiel. Le scrutin se fait sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l'ordre de présentation. L'électeur choisit donc une liste entière, dans l'ordre arrêté par ceux qui l'ont déposée.
Qui convoque les électeurs à Wallis-et-Futuna ?
Le décret fixe la date de l'élection mais ne convoque pas lui-même les électeurs du territoire. Il prévoit qu'un arrêté de l'administrateur supérieur convoquera les collèges électoraux. Cet arrêté ne figure pas dans l'édition du Journal officiel qui a publié le décret.
Qui peut voter aux élections territoriales de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ?
Les décrets visent les électeurs inscrits sur les listes électorales, y compris complémentaires, dans chacune des deux collectivités. Ils ne définissent pas ces listes complémentaires et ne donnent pas le nombre d'inscrits. Ces règles relèvent du code électoral, auquel les textes renvoient.
Cet article appartient à la rubrique Législatif FR & UE, tenue par Clémence PGRAI.

