Le Haut Conseil juge optimiste la croissance de 1,0 % pour 2027
Le Haut Conseil des finances publiques a rendu son avis sur les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2027. Il juge plausible le déficit prévu pour l'année en cours et optimiste la croissance prévue pour l'an prochain. Il évalue à environ 28 milliards d'euros l'effort structurel de 2027, et relève que la hausse de la charge d'intérêts absorbe une part importante de l'effort d'économies.
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Le Haut Conseil des finances publiques juge optimiste la prévision de croissance que le Gouvernement a retenue pour 2027, fixée à 1,0 %. Son avis, daté du 25 septembre 2026, porte sur les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour l'année 2027. Il juge en revanche plausible la prévision de déficit public de 5,4 % du PIB pour 2026, malgré des aléas qui se renforcent.
L'enjeu dépasse la seule croissance, puisque les projets de loi de finances reposent sur ce scénario macroéconomique dans son ensemble. Le Haut Conseil examine les prévisions de recettes, les prévisions de dépenses et leur cohérence avec les orientations pluriannuelles de finances publiques. Il rend ce jugement dans un contexte qu'il qualifie de particulièrement incertain, entre conflit au Moyen-Orient et remontée générale des taux d'intérêt.
Pourquoi le Haut Conseil juge-t-il optimiste la croissance de 2027 ?
Le scénario du Gouvernement retient une croissance de 1,0 % en 2027, après 0,5 % attendus pour 2026. Les organismes auditionnés par le Haut Conseil tablent plutôt sur une croissance comprise entre 0,7 % et 0,9 %. Le consensus des prévisionnistes de la mi-septembre se situe à 0,8 % en moyenne, en dessous du chiffre du Gouvernement. Le Haut Conseil observe que la plupart des autres prévisions se situent sous celle du Gouvernement, de quelques dixièmes de point.
Le Haut Conseil estime que le chiffre de croissance retenu par le Gouvernement apparaît optimiste au regard des dernières évolutions. Selon lui, le scénario suppose aussi un enchaînement plus favorable que celui des autres prévisions disponibles à ce jour. Dans cet enchaînement, un ajustement budgétaire plus marqué serait compensé par un raffermissement plus net de la demande intérieure. Les risques sur la croissance augmenteraient, ajoute-t-il, si les inquiétudes quant au redressement des finances publiques devaient s'accentuer.
Selon le Haut Conseil, l'ampleur du rebond prévu de l'investissement privé paraît volontariste au vu des conditions de financement attendues. L'investissement des ménages progresserait de 2,5 % selon le Gouvernement, contre au plus une stabilité chez les organismes auditionnés. L'investissement des entreprises augmenterait de 1,6 % d'après le Gouvernement, contre 0,8 % dans le consensus des prévisionnistes. Le Haut Conseil juge en revanche plausible la prévision du Gouvernement sur les échanges extérieurs, qui pourrait même sembler prudente face à d'autres prévisions.
La consommation des ménages accélérerait à 0,8 %, un rythme que le Haut Conseil juge proche du consensus des prévisionnistes. Le taux d'épargne reculerait de 0,2 point dans le scénario du Gouvernement, contre 0,3 à 0,4 point chez les organismes auditionnés. Le Haut Conseil note que l'orientation budgétaire plus restrictive du projet pourrait affecter davantage le pouvoir d'achat des ménages que dans les autres prévisions. La demande publique contribuerait pour 0,1 point à la croissance, après 0,2 point l'année précédente, selon le scénario du Gouvernement.
| Source | Croissance prévue pour 2027 |
|---|---|
| Gouvernement | 1,0 % |
| Banque de France | 0,9 % |
| Consensus des prévisionnistes | 0,8 % |
| OFCE et Rexecode | 0,7 % |
Pour 2026, la croissance prévue tombe à 0,5 % et le déficit prévu monte à 5,4 %
Pour 2026, le Gouvernement table à présent sur une croissance de 0,5 %, contre 1,0 % dans le budget initial de l'année. Le rapport d'avancement annuel d'avril retenait 0,9 %, et le déficit public passe de 5,0 % à 5,4 % du PIB. Le Haut Conseil juge ce scénario actualisé plausible, tout en reconnaissant que les évolutions d'ici la fin de l'année restent incertaines. Il note que le Gouvernement a abaissé des hypothèses que le Haut Conseil avait jugées volontaristes dans ses avis précédents, notamment sur l'investissement et la masse salariale.
L'activité a stagné au deuxième trimestre, après une baisse enregistrée au premier trimestre, selon les comptes cités par le Haut Conseil. L'acquis de croissance pour 2026 atteint 0,3 % à l'issue du deuxième trimestre, d'après l'avis du Haut Conseil des finances publiques. Une progression de 0,2 % aux troisième et quatrième trimestres conduirait à une croissance annuelle de 0,5 %, selon cette même lecture. Le repli de la production industrielle en juillet, pour le troisième mois consécutif, constitue toutefois un aléa baissier pour le troisième trimestre.
Selon l'avis, la sécheresse et les vagues de chaleur entraîneraient en 2026 un fort repli de l'activité agricole. Le Gouvernement estime que la valeur ajoutée agricole baisserait de 8 % sur l'année, ce qui grèverait la croissance de 0,1 point. L'INSEE retient une baisse de 6,2 %, une estimation que le Haut Conseil juge proche de celle du Gouvernement. La prévision du Gouvernement suppose que le repli du premier semestre se poursuive au second semestre à un rythme comparable, hypothèse jugée raisonnable.
Les organismes auditionnés par le Haut Conseil tablent sur une croissance de 0,4 % pour 2026, et le consensus de septembre sur 0,5 %. Les prévisions des organisations internationales vont de 0,4 % pour l'OCDE à 0,8 % pour la Commission européenne. Hormis celle de l'OCDE, ces prévisions datent de plusieurs mois et ne tiennent pas compte des comptes du deuxième trimestre. La prévision du Gouvernement pour 2026 est donc proche des prévisions disponibles, mais elle reste soumise à l'incertitude sur les prix des énergies.
Énergie et taux d'intérêt : des hypothèses déjà bousculées
Le Gouvernement retient un baril de Brent à 88,3 dollars en moyenne en 2026, puis à 80,3 dollars en 2027. Ces valeurs reposent sur les marchés à terme d'août, et les organismes de prévision retiennent des hypothèses voisines. Depuis la fin août, les cours du Brent et du gaz évoluent pourtant à des niveaux supérieurs à ces hypothèses. Le baril a coûté 94 dollars en moyenne de mars à la mi-septembre, soit 33 dollars de plus qu'au début de 2026.
Le gaz a coûté 53 euros le mégawattheure en moyenne sur cette période, selon l'indice Dutch TTF, soit 24 euros de plus qu'au début de 2026. Il atteignait 77 euros au cours de la première quinzaine de septembre, sur fond de faible niveau des stocks. Le Brent avoisinait 100 dollars le baril sur la même quinzaine, selon l'avis. Le Haut Conseil relève que les prix à terme ne remontent pas d'autant, tout en soulignant l'incertitude géopolitique.
La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs en juin puis en septembre, de 25 points de base chaque fois. La Réserve fédérale américaine a relevé les siens pour la première fois en septembre, de 25 points de base. Selon les prévisionnistes auditionnés, d'autres resserrements monétaires sont à prévoir, sans consensus sur leur nombre. La hausse des taux d'intérêt est généralisée, des États-Unis au Japon en passant par la zone euro, et les taux souverains renouent avec des niveaux historiquement élevés.
Le Haut Conseil donne deux ordres de grandeur pour mesurer le coût de ces hausses en croissance. Pour une hausse permanente de 10 dollars du baril, les modèles donnent une perte d'au plus 0,1 point la même année, puis d'environ 0,1 point de plus l'année suivante. Selon les modèles, une hausse permanente de 100 points de base des taux courts et longs retire environ 0,15 point de croissance la première année. Elle retire ensuite entre 0,2 et 0,4 point de croissance supplémentaire l'année suivante, selon les mêmes modèles.
- Cours de l'énergie au-dessus des hypothèses
- Hausse des anticipations de taux directeurs
- Hausse de la prime de risque de la dette française
Les prélèvements obligatoires progresseraient de 48 milliards d'euros en 2027
La prévision de croissance des prélèvements obligatoires pour 2027 s'établit à 3,6 %, ce qui représente 48 milliards d'euros de plus. Cette hausse résulterait d'une croissance spontanée de 2,3 %, soit 31 milliards d'euros, et de mesures nouvelles nettes de 17 milliards d'euros. L'évolution spontanée serait inférieure à celle du produit intérieur brut nominal, qui progresserait de 2,7 % sur la même année. Le Haut Conseil juge réaliste l'élasticité globale des prélèvements, légèrement inférieure à l'unité et fixée à 0,8 dans le scénario du Gouvernement.
Les mesures nouvelles en recettes comprennent des hausses de cotisations sociales et plusieurs réductions de niches fiscales ou sociales. Leur montant cumulé serait conséquent pour la troisième année consécutive, relève le Haut Conseil dans son avis sur le budget de 2027. Il regrette de ne pas pouvoir apprécier finement ces chiffrages ni leurs effets macroéconomiques, faute de temps et de documentation suffisante. Il note aussi la disparition, pour 2026, de la mesure de lutte contre la fraude, chiffrée auparavant à 1,5 milliard d'euros.
En 2026, les prélèvements obligatoires augmenteraient de 2,4 % pour atteindre 1338,5 milliards d'euros, selon la prévision actualisée du Gouvernement. Ce montant est révisé à la baisse de 5,3 milliards d'euros par rapport au budget initial de l'année. L'écart atteint 8,9 milliards d'euros par rapport à la prévision d'avril, malgré le gel des allègements généraux de cotisations sociales. Le taux de prélèvements obligatoires atteindrait 43,9 % du produit intérieur brut, avec des mesures nouvelles dont le rendement est attendu à 14 milliards d'euros.
Parmi les impôts de 2026, la prévision de croissance de la TVA est de 2,2 %, que le Haut Conseil juge atteignable. La croissance de l'impôt sur le revenu est révisée à la baisse à 1,5 %, et celle de l'impôt sur les sociétés à 0,6 %. Les droits de mutation à titre onéreux sont attendus en hausse de 2,7 %, alors que leurs recettes progressent de 5,7 % à fin juillet. Le Haut Conseil note que l'effet de base lié à la revalorisation des taux de mutation ne jouera plus au second semestre.
Que prévoit le budget pour les dépenses publiques en 2027 ?
L'évolution prévue de la dépense publique en 2027 est de 2,3 %, soit 41 milliards d'euros de plus. En volume, la dépense publique progresserait de 0,6 %, soit moins que la croissance prévue de 1,0 % et que la croissance potentielle estimée à 1,2 %. Selon le Haut Conseil, la progression visée serait modérée et le ratio de dépenses au produit intérieur brut reculerait légèrement après trois années de hausse. Le Haut Conseil estime que la prévision de dépense présentée est atteignable si l'ensemble des mesures annoncées est effectivement mis en œuvre.
Pour crédibiliser ces évolutions, le Gouvernement propose de nombreuses mesures sur l'État, que la saisine ne documente que partiellement. Elles incluent le gel du point d'indice dans la fonction publique et des dispositifs limitant la hausse des recettes de fonctionnement des collectivités. Elles comprennent aussi un gel des pensions de retraite de base, sauf les plus basses, et des mesures freinant les prestations familiales et de solidarité. S'y ajoutent des économies sur les arrêts maladie et sur les prix des produits de santé, toujours selon la saisine du Gouvernement.
Après prise en compte de ces mesures, la charge d'intérêts constituerait la principale hausse de dépenses, avec 12 milliards d'euros de plus. Les prestations de retraite augmenteraient de 9 milliards d'euros sur le seul champ social, après la mesure de sous-indexation. La défense progresserait de 6,5 milliards d'euros et la santé de 5,5 milliards d'euros, tandis que les autres crédits ministériels hors défense resteraient stables. Les dépenses des collectivités seraient contenues à 1 milliard d'euros de hausse, la baisse attendue de leurs investissements compensant la hausse du fonctionnement.
L'application de ces mesures est subordonnée à l'adoption des textes financiers et de dispositions réglementaires, rappelle le Haut Conseil. Sans cette adoption, l'équilibre financier prévu ne pourrait être maintenu qu'en remplaçant les mesures par d'autres de rendement équivalent. La prévision de solde public dépend donc du vote du budget, dont l'adoption même reste incertaine selon l'avis. Pour 2026, le Haut Conseil rappelle que les dépenses nettes sont pilotables jusqu'à la fin de l'année et pourraient dépasser le plafond fixé.
L'effort structurel atteindrait environ 28 milliards d'euros selon le Haut Conseil
Calculé selon la méthode de référence du Haut Conseil, l'effort structurel de 2027 serait de 0,9 point de produit intérieur brut. Cela représente environ 28 milliards d'euros, dont 17 milliards d'euros en recettes et 11 milliards d'euros en dépenses. L'effort en dépense primaire, qui exclut la charge d'intérêts, est plus élevé de 12 milliards d'euros et atteint 23 milliards d'euros. Selon le Haut Conseil, ces chiffres illustrent le poids croissant de la charge d'intérêts, qui absorbe une part importante de l'effort d'économies.
Le Gouvernement présente un autre chiffrage de l'effort, calculé par rapport à un scénario à politique inchangée, qui totalise 43 milliards d'euros. Il se répartit en 18 milliards d'euros de recettes et 25 milliards d'euros de dépenses, selon l'avis du Haut Conseil. Cette évaluation ne mesure pas l'effort effectif par rapport à l'année précédente, mais celui inscrit dans les projets de loi par rapport à une trajectoire estimée. Le Haut Conseil appelle à clarifier cette seconde méthode, et se dit prêt à y contribuer.
Selon le référentiel européen, l'évolution des dépenses nettes se limiterait à 0,7 % en 2027, avec la pleine application des mesures proposées. Ce rythme se situe sous le plafond annuel recommandé, fixé à 1,2 %, ce qui traduit un effort budgétaire sous-jacent important. Pour autant, cette évolution ne conduit qu'à une réduction modérée du déficit, compte tenu de la dynamique de la charge d'intérêts. La conjoncture médiocre et d'autres effets contraires limitent aussi la progression des recettes, ajoute le Haut Conseil dans son avis.
Le projet de loi de finances intègre un ajustement de 0,5 point de produit intérieur brut, ou 0,8 point en termes primaires, mesure distincte de l'effort structurel. Selon l'administration, cet ajustement pèserait à hauteur de 0,5 point de croissance, un chiffrage que le Haut Conseil juge crédible. L'administration précise toutefois que cela ne signifie pas pour autant que la croissance serait supérieure de 0,5 point en l'absence de consolidation budgétaire. D'autres facteurs, non chiffrés par l'administration, pourraient peser sur l'activité, comme les effets retardés du choc énergétique de 2026 et le durcissement des conditions de financement.
Dette proche de 122 % et objectif de 2029 : que juge le Haut Conseil ?
À 5 % du produit intérieur brut en 2027, le déficit public resterait voisin du niveau de 2025 et supérieur à celui de 2022. Le Haut Conseil relève que ce déficit est presque intégralement structurel et non le reflet d'une récession économique. Il juge que l'ambition de réduction du déficit affichée pour 2027 constitue un minimum au regard d'une situation qu'il qualifie d'alarmante. Le redressement des comptes publics se fait à un rythme ralenti, très éloigné des engagements de la programmation pluriannuelle des finances publiques.
Le ratio de dette publique au produit intérieur brut progresserait de plus de 3,5 points en 2026, selon la prévision du Gouvernement. Il gagnerait encore près de 2,5 points en 2027, ce qui l'amènerait à approcher 122 % du produit intérieur brut. Les taux auxquels la France renouvelle ses emprunts et en contracte de nouveaux sont à présent supérieurs à la croissance. Le Haut Conseil en déduit que le pays doit faire davantage d'efforts pour éviter une spirale d'endettement par effet boule de neige.
Même avec un déficit primaire qui serait en 2027 au plus bas depuis 2019, la dette publique continuerait de progresser. Le Gouvernement a indiqué qu'il vise toujours un déficit sous 3 % du produit intérieur brut en 2029. Cet objectif supposerait de réduire le déficit de 1 point par an en 2028 et en 2029, ce qui romprait avec la dynamique récente. Le Haut Conseil juge sa concrétisation très peu vraisemblable, sauf évolutions conjoncturelles très favorables, au vu des retards successifs pris dans le redressement des comptes.
L'avis ne tranche pas le contenu du budget : il apprécie la crédibilité des prévisions sur lesquelles ce budget repose. Les points à suivre sont d'abord les prix de l'énergie, selon qu'ils se rapprochent des hypothèses du Gouvernement ou continuent de s'en écarter, puis l'évolution des taux d'emprunt. Le sort réservé aux mesures de recettes et d'économies compte aussi, puisque leur adoption conditionne l'équilibre financier prévu. Le Haut Conseil juge enfin impératif de respecter strictement la trajectoire de dépenses nettes à laquelle la France s'est engagée, pour sa souveraineté financière.
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Ce que la donnée ne dit pas
Le Haut Conseil dit ne pas avoir pu apprécier finement le chiffrage ni les effets macroéconomiques des mesures nouvelles de recettes. Ces montants restent des estimations du Gouvernement, que le Haut Conseil n'a pu examiner qu'en peu de temps et avec une documentation limitée.
Les hypothèses de prix du pétrole retenues par le Gouvernement reposent sur les marchés à terme d'août. Les cours du Brent et du gaz observés depuis sont plus élevés, et l'avis ne dit pas à quel niveau ils se stabiliseront.
La version texte de l'avis diffusée par Légifrance renvoie, pour les graphiques et certains tableaux, à l'extrait authentifié du Journal officiel. Leurs valeurs ne sont pas reprises dans cet article.
Les prévisions de croissance des institutions internationales ne sont pas toutes comparables : celle de la Commission européenne est plus ancienne et repose sur une politique budgétaire inchangée.
L'avis porte sur les éléments présentés par le Gouvernement : il reconnaît l'incertitude sur les impacts macroéconomiques différenciés des mesures budgétaires qui seront finalement adoptées, sans les mesurer.
Sources
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Haut Conseil des finances publiques ?
Le Haut Conseil des finances publiques est une institution collégiale. Il rend un avis sur les prévisions macroéconomiques des projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale. Il juge aussi le réalisme de leurs recettes et dépenses et leur cohérence avec les orientations pluriannuelles. Ses avis sont adoptés par consensus.
Comment le Haut Conseil juge-t-il la prévision d'inflation ?
Il juge plausible la prévision du Gouvernement, fixée à 2,1 % en 2026 puis à 1,8 % en 2027, et la trouve voisine du consensus des prévisionnistes. Cette prévision reste soumise à des aléas élevés, notamment l'évolution des prix de l'énergie.
Que dit l'avis de la masse salariale ?
Le Gouvernement prévoit une hausse de 2,4 % de la masse salariale des branches marchandes non agricoles en 2027, après 1,6 % en 2026. Le Haut Conseil juge ces deux prévisions plausibles. La masse salariale est la base de plus de la moitié des prélèvements obligatoires.
Que dit l'avis de la hausse de la charge d'intérêts ?
Selon l'avis, la charge d'intérêts constituerait la principale hausse de dépenses publiques en 2027. Le Haut Conseil souligne que ce poids croissant absorbe une part importante de l'effort d'économies effectué par ailleurs. Il relève que le déficit ne diminue que modérément compte tenu notamment de cette charge.
L'avis a-t-il été rendu avec toutes les informations nécessaires ?
Le Haut Conseil indique avoir bénéficié d'informations conséquentes. Il regrette toutefois que certains éléments essentiels à son appréciation ne lui aient été transmis que tardivement, après une lettre de sa présidente aux ministres concernés. Il précise aussi que son avis porte sur les éléments qui lui sont présentés.
Cet article appartient à la rubrique Législatif FR & UE, tenue par Clémence PGRAI.

