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Lobbying : 56,3 % des représentants d'intérêts tiennent dans deux départements

Sur les 3 754 organisations inscrites au répertoire des représentants d'intérêts, 2 114 ont leur siège à Paris ou dans les Hauts-de-Seine. Lyon en compte 24,6 fois moins que la capitale. Et près d'une sur deux déclare y consacrer moins de dix mille euros.

Par Clémence PGRAI4 minMis à jour le 2 septembre 2026

Hommes d'affaires
4 min de lectureSommaire

Deux départements, plus de la moitié des lobbies

Le répertoire des représentants d'intérêts, tenu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, recense 3 754 organisations. 1 670 d'entre elles, soit 44,5 %, ont leur siège à Paris. 444 autres, soit 11,8 %, sont domiciliées dans les Hauts-de-Seine.

À elles deux, ces circonscriptions rassemblent 2 114 organisations, soit 56,3 % du lobbying déclaré en France. Les 1 640 restantes se répartissent entre tous les autres départements et 74 sièges situés hors de France.

Les administrations centrales, le Parlement et les directions des grands groupes se trouvent aux mêmes adresses. La donnée constate cette coïncidence géographique, elle n'en établit pas la cause.

Lyon compte 24 fois moins de lobbies que Paris

L'écart avec les autres métropoles françaises est considérable. Les villes les mieux représentées hors de la région parisienne comptent chacune quelques dizaines d'organisations :

  • Lyon : 68 organisations
  • Bordeaux : 38
  • Rennes : 35
  • Marseille : 30
  • Nantes : 22

Rapportée aux 1 670 organisations parisiennes, arrondissements compris, Lyon en compte 24,6 fois moins. Le rapport ne suit pas la démographie des deux villes, sans que la donnée dise pourquoi.

Le répertoire français compte par ailleurs 19 inscrits domiciliés à Bruxelles, soit autant que Nantes. Le fichier ne précise pas depuis quel lieu leurs démarches sont conduites.

Associations et syndicats pèsent plus que les sociétés commerciales

Le répertoire ne rassemble pas que des entreprises. Sa composition est plus variée que l'image courante du lobbying ne le laisse penser :

  • Société commerciale et civile, hors cabinets d'avocats et de conseil : 1 021 organisations, soit 27,2 %
  • Association : 770 organisations, soit 20,5 %
  • Organisation syndicale et professionnelle : 754 organisations, soit 20,1 %
  • Chambre consulaire : 249 organisations, soit 6,6 %
  • Fédération professionnelle : 242 organisations, soit 6,4 %
  • Cabinet de conseil : 235 organisations, soit 6,3 %

Les associations et les organisations syndicales et professionnelles totalisent 1 524 organisations, davantage que les 1 021 sociétés commerciales et civiles. Une fédération d'employeurs, un syndicat de salariés et une association environnementale relèvent de la même obligation.

872 organisations déclarent agir pour le compte d'un tiers

872 organisations déclarent au moins un client, soit 23,2 % du total. Toutes ne sont pas des cabinets spécialisés : on y trouve aussi des sociétés commerciales, des organisations syndicales et des associations qui interviennent pour le compte d'une autre structure.

Sans le répertoire, l'identité du donneur d'ordre resterait invisible : c'est la structure déclarante qui rencontre le décideur, mais son client qui porte l'intérêt défendu.

Près d'un lobby sur deux déclare moins de 10 000 euros

Le répertoire impose aussi de déclarer les moyens consacrés à cette activité, par tranches. 3 383 organisations l'ont fait, et le résultat contredit l'image d'un lobbying de grandes maisons.

1 552 d'entre elles, soit 45,9 %, déclarent une dépense inférieure à 10 000 euros sur l'exercice. En élargissant à 50 000 euros, on atteint 2 235 organisations, soit 66,1 % des déclarants.

À l'autre extrémité, 26 organisations seulement déclarent au moins un million d'euros, soit 0,8 %. Le lobbying déclaré est donc massivement composé de très petites structures, avec une poignée d'acteurs d'un autre ordre de grandeur.

Additionnées, les tranches situent la dépense déclarée entre 254 et 374 millions d'euros. Ces montants portent sur des exercices allant de 2019 à 2025 selon les organisations : ce n'est pas un total annuel.

La santé arrive en tête des domaines visés

Le répertoire recense les domaines sur lesquels portent les actions déclarées. Sur 164 228 couples formés d'une fiche d'activité et d'un domaine, les six premiers se répartissent ainsi :

  • Système de santé et médico-social : 10 060
  • Agriculture : 7 149
  • Agriculture, agroalimentaire : 7 091
  • Santé : 6 669
  • Environnement : 6 050
  • Économie : 5 706

En additionnant les rubriques « Santé », « Médicaments » et « Système de santé et médico-social », le secteur totalise 18 386 occurrences, soit 11,2 % de l'ensemble. L'agriculture suit de près, ses deux rubriques cumulant 14 240 occurrences.

Ce classement mesure la fréquence à laquelle un domaine est cité dans les déclarations. Il ne mesure ni l'intensité des démarches, ni leur résultat.

Bercy et Matignon en tête des administrations démarchées

Les déclarations précisent aussi le département ministériel visé :

  • Économie et finances : 20 193
  • Premier ministre : 16 434
  • Environnement, énergie et mer : 12 630
  • Affaires sociales et santé : 8 630

Le ministère de l'Économie et des Finances arrive en tête, devant les services du Premier ministre. Le fichier n'indique pas ce qui explique cette hiérarchie.

Ce que l'inscription signifie, et ce qu'elle ne signifie pas

Figurer au répertoire n'est pas un soupçon. C'est une obligation légale : toute personne morale qui entre en communication avec un responsable public pour influencer une décision publique doit s'y déclarer et rendre compte de son activité.

À l'inverse, l'absence du répertoire ne prouve pas l'absence d'activité d'influence. Le dispositif repose sur la déclaration. 266 organisations, soit 7,1 %, ont par ailleurs déclaré avoir cessé cette activité et restent visibles dans le fichier.

Ce que la donnée ne dit pas

Le fichier recense des sièges sociaux, pas des lieux d'activité : une organisation régionale peut intervenir auprès des administrations centrales sans y avoir d'adresse.

Les montants sont déclarés par tranches, pas au montant exact. Le total ne peut être donné qu'en fourchette, et l'écart entre ses bornes est une conséquence du dispositif, pas une incertitude de mesure.

Les exercices déclarés ne sont pas homogènes : ils s'étalent de 2019 à 2025 selon les organisations. La somme additionne donc des millésimes différents et ne constitue pas une dépense annuelle.

Le décompte des domaines et des ministères compte des couples entre une fiche d'activité et un domaine, pas des démarches distinctes ni des montants. Une organisation qui déclare un domaine dans chacune de ses fiches y pèse plus qu'une autre, sans que cela mesure son influence.

Aucune décision publique n'est reliée à ces organisations ici. Le fichier ne permet pas de savoir quel texte a été visé, ni avec quel résultat.

Les catégories et les domaines sont déclarés par les organisations elles-mêmes. Le fichier ne permet pas de vérifier ces choix.

Sources

  1. Source primaire

    Répertoire des représentants d'intérêts, informations générales (vues fusionnées)

    Haute Autorité pour la transparence de la vie publiquePublié le 10 juin 2025

  2. Source primaire

    Répertoire des représentants d'intérêts, actions déclarées (vues fusionnées)

    Haute Autorité pour la transparence de la vie publiquePublié le 10 juin 2025

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un représentant d'intérêts ?

Une personne morale dont un dirigeant ou un employé entre en communication avec un responsable public dans le but d'influencer une décision publique. La loi lui impose de s'inscrire au répertoire de la Haute Autorité et d'y déclarer son activité.

Être inscrit au répertoire, est-ce répréhensible ?

Non, c'est l'inverse. L'inscription est une obligation légale et une démarche de transparence. C'est l'absence de déclaration, pour une organisation qui exerce cette activité, qui expose à des sanctions.

Combien une organisation dépense-t-elle en lobbying ?

La déclaration se fait par tranches, pas au montant exact. Près de la moitié des déclarants se situent sous dix mille euros sur l'exercice déclaré, et vingt-six seulement dépassent le million.

Pourquoi 56,3 % des lobbies sont-ils dans deux départements ?

Le fichier ne l'explique pas. Il constate une localisation de sièges sociaux. Aucune causalité n'est établie par la donnée, et la rédaction n'en avance aucune.

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Cet article appartient à la rubrique Législatif FR & UE, tenue par Clémence PGRAI.

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