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RSA et prime d'activité : 479 481 foyers cumulent les deux, un record

En janvier 2026, la CNAF recense 5 977 487 foyers bénéficiaires du RSA ou de la prime d’activité. Parmi eux, 69,22 % perçoivent uniquement la prime d’activité, 22,75 % le RSA et 479 481 cumulent les deux, seule catégorie en hausse sur un an.

Par Julie PGRAI6 minMis à jour le 2 septembre 2026

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6 min de lectureSommaire

Trois situations, et une seule en hausse

Le fichier de la Caisse nationale des allocations familiales ne mélange pas les deux prestations. Il porte un champ qui répartit les foyers en trois modalités disjointes, dont la somme redonne le total national à l'unité.

  • Prime d'activité seule : 4 137 914 foyers, 7 776 198 personnes couvertes
  • RSA seul : 1 360 092 foyers, 2 646 255 personnes
  • RSA et prime d'activité : 479 481 foyers, 1 078 770 personnes

La première modalité pèse 69,22 % des foyers, la deuxième 22,75 % et la troisième 8,02 %. Rapportées au mois de droit de janvier 2025, elles n'ont pas bougé dans le même sens.

  • Prime d'activité seule : moins 126 231 foyers, soit moins 2,96 %
  • RSA seul : moins 18 483 foyers, soit moins 1,34 %
  • RSA et prime d'activité : plus 47 099 foyers, soit plus 10,89 %

Le cumul des deux prestations au plus haut de la série

Les 479 481 foyers qui cumulent les deux prestations en janvier 2026 constituent le niveau le plus élevé des 116 mois de droit publiés, depuis juin 2016. Le creux le plus récent, 421 138 foyers, date de mai 2025 : la hausse court sans interruption sur les huit mois qui suivent.

La modalité RSA seul suit la trajectoire inverse. Elle a touché en septembre 2025, avec 1 351 315 foyers, son niveau le plus bas de toute la série, loin du maximum d'août 2020 à 1 687 044.

La CNAF ne commente pas ces mouvements et la rédaction n'en avance aucune explication.

Le total recule de 97 615 foyers en douze mois

Agrégées, les trois modalités passent de 6 075 102 foyers en janvier 2025 à 5 977 487 un an plus tard, soit 1,61 % de moins. La série mensuelle situe ce recul dans le temps. Le total a diminué de janvier à septembre 2025, avec une remontée en juin, jusqu'à un creux de 5 881 787 foyers. Il a ensuite remonté quatre mois d'affilée, regagnant 95 700 foyers.

Le rebond d'automne se produit six années sur neuf

La série publiée compte 116 mois de droit, de juin 2016 à janvier 2026. Elle dit donc si cette remontée est une habitude.

Comparé au septembre qui le précède, le mois de janvier est plus élevé après six septembres sur neuf : ceux de 2017, 2019, 2020, 2022, 2024 et 2025. Il est plus bas après ceux de 2016, 2021 et 2023. L'automne 2018 est écarté, pour la raison exposée ci-dessous.

La remontée de la fin 2025 est donc fréquente sans être systématique. La CNAF diffuse des totaux bruts et ne publie aucune version corrigée des variations saisonnières sur son portail de données ouvertes.

Une rupture de série entre décembre 2018 et janvier 2019

Un mois de la série ne se compare à aucun autre. Entre décembre 2018 et janvier 2019, le nombre de foyers passe de 4 552 673 à 5 272 447. Ce sont 719 774 foyers de plus en un mois, un écart qu'aucun autre mois n'approche.

L'écart porte presque entièrement sur une modalité. La prime d'activité seule gagne 719 703 foyers ce mois-là, quand le RSA seul en gagne 2 496 et le cumul des deux en perd 2 425.

Ces deux dernières modalités varient ce mois-là dans les ordres de grandeur qui leur sont habituels, en deçà de leur variation mensuelle médiane. Les comparaisons qui portent sur la prime d'activité seule ou sur le total enjambent en revanche une discontinuité : le décompte des automnes écarte pour cette raison celui de 2018.

Quatre-vingt-quatorze territoires en recul, la Guyane à contre-courant

Le fichier nomme 102 départements et collectivités. Sur ce total, 94 comptent moins de foyers bénéficiaires en janvier 2026 qu'en janvier 2025. Sept en comptent davantage, et la Haute-Marne affiche exactement le même nombre qu'un an plus tôt, 14 629 foyers.

Les deux mouvements les plus marqués sont ultramarins et vont en sens contraire. La Guyane passe de 35 912 à 39 147 foyers, soit 9,01 % de plus, quand Mayotte passe de 5 534 à 4 709, soit 14,91 % de moins. Les sept territoires en hausse :

  • Guyane : plus 9,01 %
  • Aube : plus 2,55 %
  • Vendée : plus 1,46 %
  • Pyrénées-Orientales : plus 0,96 %
  • Yonne : plus 0,28 %
  • Hérault : plus 0,20 %
  • Doubs : plus 0,13 %

En métropole, le Vaucluse enregistre la plus forte baisse, 4,35 %, et l'Aube la plus forte hausse.

Le Nord loin devant, les dix premiers pèsent 29,38 % des foyers

Au mois de droit de janvier 2026, les dix premiers départements rassemblent à eux seuls 29,38 % de ces foyers bénéficiaires.

  • Nord : 280 740 foyers, 575 019 personnes couvertes
  • Bouches-du-Rhône : 207 404 foyers, 406 058 personnes
  • Seine-Saint-Denis : 193 782 foyers, 417 176 personnes
  • Rhône : 168 422 foyers, 321 147 personnes
  • La Réunion : 164 707 foyers, 351 414 personnes
  • Pas-de-Calais : 156 926 foyers, 333 256 personnes
  • Paris : 156 091 foyers, 244 045 personnes
  • Gironde : 149 062 foyers, 265 378 personnes
  • Haute-Garonne : 144 829 foyers, 259 446 personnes
  • Hérault : 134 477 foyers, 248 486 personnes

À l'autre bout, cinq territoires en comptent moins de dix mille : Cantal 9 917, Creuse 8 772, Lozère 5 496, Mayotte 4 709 et Saint-Martin 3 543. Entre le Nord et Saint-Martin, le rapport atteint 79,24.

Deux lignes du classement ne portent aucun nom de département, sous les codes 99 et XX, et totalisent 389 foyers. L'addition des 104 lignes redonne exactement le total national. Le classement est donc complet : sur une requête d'agrégation, le portail sert les 104 groupes. Le piège est ailleurs, une limite fixée à cent en servant cent et en annonçant cent, quand il en existe quatre de plus.

Deux allocataires sur trois ont moins de 45 ans

Le fichier ventile les foyers selon l'âge du responsable du dossier, en douze tranches. Les foyers dont le responsable a entre 25 et 29 ans sont les plus nombreux, avec 969 659 foyers, soit 16,22 % du total. Les moins de 45 ans en rassemblent 4 041 094, soit 67,61 %.

  • Moins de 20 ans : 56 192 foyers
  • Entre 20 et 24 ans : 723 849
  • Entre 25 et 29 ans : 969 659
  • Entre 30 et 34 ans : 815 666
  • Entre 35 et 39 ans : 770 694
  • Entre 40 et 44 ans : 705 034
  • Entre 45 et 49 ans : 596 957
  • Entre 50 et 54 ans : 543 234
  • Entre 55 et 59 ans : 449 564
  • Entre 60 et 64 ans : 285 169
  • 65 ans ou plus : 60 034
  • Âge indéterminé : 1 435

Les 50 ans ou plus représentent 1 338 001 foyers, soit 22,38 %. La tranche « âge indéterminé » en compte 1 435 et entre dans les totaux.

La couverture par foyer va de 1,56 à Paris à 2,75 en Guyane

Le classement départemental ne dit rien de la pauvreté relative des territoires. Ces totaux ne sont pas rapportés à la population, et le fichier ne fournit aucun effectif qui permettrait de corriger cet effet.

Une comparaison y échappe, celle du nombre de personnes couvertes rapporté au nombre de foyers. Elle ne dépend pas de la taille du territoire mais de la composition des ménages allocataires.

  • Guyane : 2,75 personnes par foyer
  • Mayotte : 2,55
  • Seine-Saint-Denis : 2,15
  • Nord : 2,05
  • Martinique : 1,68
  • Paris : 1,56

Paris et la Guyane sont les deux extrêmes des 102 territoires. Les tranches d'âge s'étagent de la même façon. Les foyers de 40 à 44 ans couvrent 2,57 personnes en moyenne, la plus forte valeur des douze tranches ; ceux de moins de 20 ans en couvrent 1,26.

Cet écart de composition suffit à produire un classement à première vue contradictoire. Les 25 à 29 ans forment la tranche la plus nombreuse en foyers, mais ce sont les 35 à 39 ans qui couvrent le plus de personnes, 1 935 371.

Ce que le dénombrement compte, et ce qu'il ne compte pas

Ces totaux comptent des droits ouverts, non un besoin : le non-recours en est absent. Un mois de droit décrit une photographie, et les foyers de janvier 2025 ne sont pas nécessairement ceux de janvier 2026.

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Ce que la donnée ne dit pas

Le non-recours n'est pas mesuré. Les foyers éligibles qui ne demandent pas la prestation n'apparaissent nulle part, et l'écart entre le nombre d'allocataires et le nombre de foyers éligibles reste inconnu. Ce dénombrement compte des droits ouverts et ne mesure aucun besoin.

Le passage de décembre 2018 à janvier 2019 ajoute 719 774 foyers en un mois sans que le fichier en donne la raison. Aucune évolution du total ni de la prime d'activité seule ne peut être calculée en enjambant ce mois.

La série est publiée brute. Sans version corrigée des variations saisonnières sur ce portail, il est impossible de dire ce qui, dans la remontée de l'automne, tient au calendrier et ce qui n'y tient pas.

Aucun rapport à la population n'est fourni. Le classement départemental ne peut donc pas servir à comparer les territoires en termes de taux de recours ou de niveau de vie.

Les parcours individuels sont invisibles. Deux photographies mensuelles ne disent pas si ce sont les mêmes foyers, combien de temps ils restent allocataires, ni pourquoi ils sortent du dispositif.

L'âge retenu est celui du seul responsable du dossier. Il ne renseigne ni sur celui du conjoint, ni sur celui des enfants couverts, et ne permet donc aucune lecture générationnelle de la couverture.

Les montants versés ne figurent pas dans cette agrégation, contrairement à ce qu'annonce la description du jeu. Le nombre d'allocataires ne renseigne donc ni sur la dépense publique, ni sur le montant moyen perçu par foyer.

Sources

  1. Source primaire

    RSA et PA - Répartition des allocataires selon l'âge [Département] (rsa_ppa_s_agg_age_5_dep), agrégation par département, mois de droit de janvier 2026

    Caisse nationale des allocations familiales

  2. Source primaire

    RSA et PA - Répartition des allocataires selon l'âge [Département] (rsa_ppa_s_agg_age_5_dep), agrégation par tranche d'âge et par prestation, mois de droit de janvier 2026

    Caisse nationale des allocations familiales

  3. Source primaire

    RSA et PA - Répartition des allocataires selon l'âge [Département] (rsa_ppa_s_agg_age_5_dep), agrégation par département, mois de droit de janvier 2025

    Caisse nationale des allocations familiales

  4. Source primaire

    RSA et PA - Répartition des allocataires selon l'âge [Département] (rsa_ppa_s_agg_age_5_dep), série mensuelle par prestation, 116 mois de droit et 348 groupes

    Caisse nationale des allocations familiales

Questions fréquentes

Combien de foyers touchent le RSA seul, la prime d'activité seule, ou les deux ?

Au mois de droit de janvier 2026, 1 360 092 foyers touchent le RSA seul, 4 137 914 la prime d'activité seule et 479 481 les deux. Le total de 5 977 487 additionne ces trois situations.

Le nombre d'allocataires est-il en hausse ou en baisse ?

Cela dépend de la situation considérée. Sur douze mois, le cumul des deux prestations gagne 10,89 %, tandis que le RSA seul perd 1,34 % et la prime d'activité seule 2,96 %.

Peut-on en déduire quels départements sont les plus pauvres ?

Non. Le fichier ne porte aucun effectif d'habitants. Établir une pauvreté relative supposerait de diviser le nombre d'allocataires par celui de la population, une donnée qu'il faudrait aller chercher ailleurs.

Que signifie le nombre de personnes couvertes par foyer ?

Il rapporte les personnes rattachées à un dossier au nombre de dossiers. Un foyer allocataire peut couvrir une personne seule ou une famille entière : c'est ce qui creuse l'écart entre Paris et la Guyane.

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Cet article appartient à la rubrique Social, tenue par Julie PGRAI.

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