RSA et prime d'activité : le cumul recule après son record
La CNAF publie chaque mois le nombre de foyers percevant le RSA, la prime d'activité ou les deux. Le cumul des deux prestations, seule situation en hausse sur un an, recule de 2,18 % en février 2026 après avoir atteint son plus haut niveau le mois précédent. Cette page suit la série et se met à jour à chaque diffusion.

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Le fichier ne mesure pas la pauvreté : il constate qu'un revenu d'activité coexiste avec un droit au RSA, sans rien dire du niveau de vie du foyer. Des millions de foyers perçoivent le RSA, la prime d'activité ou les deux. Cette page suit cette série mois par mois.
Les chiffres proviennent de la Caisse nationale des allocations familiales. Ils portent sur le mois de droit de février 2026, dernier publié. La date de relevé est le 3 septembre 2026.
Trois situations, et une seule en hausse sur un an
En février 2026, 5 976 257 foyers perçoivent le RSA, la prime d'activité ou les deux. Ils couvrent 11 463 340 personnes, soit 1,92 personne par foyer en moyenne. La CNAF répartit ces foyers en trois situations disjointes : prime d'activité seule, RSA seul, et cumul des deux. Les parts de ces trois situations s'additionnent à cent pour cent.
| Situation en février 2026 | Foyers | Personnes couvertes | Part | Évolution sur un an |
|---|---|---|---|---|
| Prime d'activité seule | 4 134 479 | 7 743 146 | 69,18 % | moins 2,83 % |
| RSA seul | 1 372 765 | 2 665 767 | 22,97 % | moins 0,13 % |
| RSA et prime d'activité | 469 013 | 1 054 427 | 7,85 % | plus 6,94 % |
| Ensemble | 5 976 257 | 11 463 340 | 100 % | moins 1,51 % |
Sur un an, la prime d'activité seule perd 120 301 foyers, le RSA seul en perd 1 719, et le cumul en gagne 30 455. Le solde reste négatif : 91 565 foyers de moins qu'en février 2025. Le cumul est donc la seule des trois situations à progresser, avec une hausse de 6,94 %. Les deux autres situations reculent : moins 2,83 % pour la prime seule et moins 0,13 % pour le RSA seul.
Cette hausse du cumul ne signifie pas que 30 455 foyers sont soudainement entrés dans la précarité. Une partie d'entre eux a pu passer d'une situation à une autre, par exemple du RSA seul vers le cumul. Les données publiées sont des photographies mensuelles, sans suivi individuel. Elles ne permettent donc pas de tracer les trajectoires des foyers.
La prime d'activité seule reste la situation la plus fréquente, avec 69,18 % des foyers. Le RSA seul en représente 22,97 %, et le cumul des deux, 7,85 %. Ces parts n'ont guère bougé sur un an, malgré les évolutions en effectifs. Le cumul, bien que minoritaire, est la seule situation dont le nombre progresse.
Le cumul a culminé en janvier 2026, puis reculé
La série publiée par la CNAF compte 117 mois de droit, de juin 2016 à février 2026. Sur cet ensemble, le nombre de foyers cumulant les deux prestations atteint son maximum en janvier 2026, à 479 481. Ce sommet est immédiatement corrigé le mois suivant. Février 2026 enregistre un recul notable du cumul.
En février, le cumul retombe à 469 013 foyers, soit 10 468 de moins en un mois. Cela représente un recul de 2,18 % par rapport à janvier. Le mouvement annuel ralentit de près de quatre points : de 10,89 % sur un an en janvier à 6,94 % en février. Ainsi, la progression sur douze mois perd près de quatre points en un seul mois.
Le RSA seul fait le mouvement inverse sur ce mois, en gagnant 12 673 foyers. La prime d'activité seule, elle, en perd 3 435. Au total, l'ensemble reste presque stable, avec 1 230 foyers de différence. Ces trois mouvements de sens contraires se produisent sur un seul mois.
La série établit des niveaux mensuels, mais elle n'établit pas ce qui les a déplacés. Elle ne permet pas non plus de savoir si les foyers sortis d'une catégorie sont entrés dans une autre. Les données ne suivent pas les trajectoires individuelles. Elles décrivent des stocks à des dates données, sans lien entre eux.
Pourquoi un même foyer peut percevoir les deux prestations
Le RSA garantit un niveau minimum de ressources, calculé selon les revenus et la composition du foyer. La prime d'activité complète les revenus professionnels modestes lorsqu'au moins une personne du foyer travaille, comme salariée ou indépendante. Ces deux prestations répondent à des logiques différentes mais peuvent se cumuler. Un foyer peut donc relever des deux dispositifs à la fois.
Une personne qui reprend un emploi à temps partiel voit généralement son RSA diminuer. Son salaire peut rester trop faible pour supprimer entièrement ce droit. En même temps, son activité lui ouvre la prime d'activité. Elle se retrouve alors dans la situation de cumul.
Une baisse du temps de travail, ou des ressources d'un conjoint, produit le mouvement inverse. Un foyer peut passer de la prime d'activité seule vers le cumul. Cette catégorie décrit une zone de transition. Le foyer dispose d'un revenu d'activité, sans avoir des ressources suffisantes pour sortir du RSA.
Le cumul n'est ni une anomalie ni un double avantage. C'est le régime normal d'un foyer dont les revenus du travail restent sous le seuil qui met fin au droit au RSA. Ce seuil varie selon la composition du foyer et d'autres paramètres. Les données ne permettent pas de connaître les montants perçus, seulement les effectifs.
Le total recule dans quatre-vingt-onze départements sur cent deux
Le jeu de données de la CNAF distingue 104 territoires, dont 102 portent un libellé. Rapportés à février 2025, 91 de ces 102 territoires comptent moins de foyers bénéficiaires. Les 11 autres en comptent davantage. La baisse est donc très largement majoritaire sur le territoire.
La Guyane se détache nettement, avec 39 337 foyers en février 2026, soit une progression de 9,01 % sur un an. Aucun autre territoire n'atteint deux points de hausse. L'Aube suit à 1,70 %, les Pyrénées-Orientales à 1,03 %, l'Essonne à 0,54 %, l'Yonne à 0,52 % et la Vendée à 0,43 %. Ces hausses sont donc modestes, à l'exception de la Guyane.
Ce décompte ne tient pas compte de l'ampleur des variations. Un département qui perd dix foyers et un département qui en perd dix mille comptent chacun pour une unité. Il ne reflète donc pas l'intensité des baisses. Seule une analyse département par département permettrait de nuancer.
Deux territoires du fichier, codés 99 et XX, ne portent aucun libellé. Ils rassemblent 365 foyers à eux deux. La CNAF n'en donne pas la définition dans ce jeu. Ils sont conservés dans les totaux et écartés des comparaisons entre départements.
Dix départements rassemblent près de trois foyers sur dix
Le Nord vient largement en tête avec 280 400 foyers, soit 4,69 % du total national. Suivent les Bouches-du-Rhône, à 207 442, et la Seine-Saint-Denis, à 194 239. Les dix départements les plus nombreux rassemblent 29,42 % des foyers bénéficiaires. Après les trois premiers viennent le Rhône, La Réunion, Paris, le Pas-de-Calais, la Gironde, la Haute-Garonne et l'Hérault.
Cette concentration n'a pas de sens en soi. Ces départements sont aussi parmi les plus peuplés. Le fichier ne porte aucune population de référence. Il ne permet donc pas de calculer un taux de couverture rapporté aux habitants.
Un taux de couverture est la seule mesure qui autoriserait une comparaison entre territoires. Sans lui, on ne peut pas dire si un département a plus de bénéficiaires parce qu'il a plus de population ou parce que la précarité y est plus forte. Les données actuelles ne permettent pas cette distinction. Le classement brut favorise mécaniquement les départements peuplés.
Ce que le fichier permet, en revanche, est de rapporter les personnes couvertes aux foyers. Ce rapport va de 1,56 à Paris à 2,74 en Guyane. La Martinique suit Paris de près, à 1,68, et la Lozère affiche aussi un rapport bas. L'écart tient à la composition des foyers, pas au niveau des droits.
Deux allocataires sur trois ont moins de quarante-cinq ans
En février 2026, 4 046 333 foyers, soit 67,71 % du total, relèvent d'une tranche d'âge inférieure à quarante-cinq ans. Cela signifie que deux allocataires sur trois ont moins de quarante-cinq ans. La tranche la plus nombreuse est celle des 25 à 29 ans, avec 969 904 foyers, soit 16,23 % de l'ensemble. Viennent ensuite les 30 à 34 ans, à 13,62 %, puis les 35 à 39 ans, à 12,84 %, et les 20 à 24 ans, à 12,29 %.
À l'autre extrémité, les foyers dont l'allocataire a 65 ans ou plus ne représentent que 1,01 % du total, avec 60 073 foyers. Les moins de vingt ans en pèsent 0,98 %. Enfin, 1 422 foyers portent un âge indéterminé. La pyramide des âges est donc très jeune.
Cette structure décrit l'âge de l'allocataire, celui au nom duquel le droit est ouvert. Elle ne décrit pas l'âge des personnes couvertes. Un foyer de deux adultes et deux enfants figure dans une seule tranche. Les enfants et conjoints ne sont pas ventilés par âge ici.
Le jeu permet de croiser l'âge et la situation de prestation. Parmi les foyers cumulant les deux aides, les 25 à 29 ans pèsent 16,81 %, contre 16,23 % de l'ensemble des bénéficiaires. L'écart est plus net chez les plus jeunes : les 20 à 24 ans forment 12,29 % de l'ensemble mais 2,65 % seulement des foyers au cumul.
Ce que ce dénombrement compte, et ce qu'il ne compte pas
Le fichier compte des foyers dont un droit est ouvert pour un mois donné. Il ne mesure ni la pauvreté, ni le montant versé, ni la durée passée dans le dispositif. Un foyer peut apparaître plusieurs mois de suite, mais le fichier ne le suit pas. Les effectifs mensuels sont donc des stocks, pas des flux.
Le fichier ne dit rien du non-recours. Les foyers qui rempliraient les conditions sans demander la prestation n'y figurent pas. Leur nombre n'est pas mesurable à partir de ces données. Le non-recours est estimé par d'autres études, mais pas ici.
Le fichier ne porte aucun montant. Une hausse du nombre de foyers ne renseigne donc pas sur la dépense. La dépense dépend des montants individuels, eux-mêmes fonction des ressources de chaque foyer. Sans montants, on ne peut pas évaluer l'impact budgétaire.
Une rupture de série existe entre décembre 2018 et janvier 2019. La CNAF la signale dans la documentation du jeu. Les comparaisons qui franchissent cette date ne sont pas conduites ici. Cette précaution évite de tirer des conclusions erronées sur longue période.
Deux changements de règles qui compliquent la comparaison annuelle
Deux évolutions administratives ont affecté la période couverte par la comparaison entre février 2025 et février 2026. Il faut les connaître avant de lire les évolutions ci-dessus. La première concerne les déclarations trimestrielles de ressources. La seconde concerne la revalorisation des barèmes.
Depuis mars 2025, les déclarations trimestrielles de ressources sont préremplies avec les salaires et certains revenus de remplacement. Les mois pris en compte ont aussi été décalés : le calcul retient désormais les ressources des mois M-2 à M-4, et non plus M-1 à M-3. Ce changement peut modifier le mois où un droit apparaît. Il peut ainsi déplacer des foyers d'une situation à l'autre.
Les barèmes ont par ailleurs été revalorisés de 1,7 % au 1er avril 2025. L'application de cette revalorisation est étalée selon le renouvellement des droits. Cette revalorisation peut faire entrer ou sortir des foyers du dispositif. Elle affecte donc aussi les effectifs.
Le fichier ne permet pas de mesurer la part de ces changements dans les évolutions constatées. Aucune des variations citées sur cette page ne leur est imputée. On ne peut donc pas dire si la baisse ou la hausse est due aux règles ou à la conjoncture. Cette incertitude doit être gardée à l'esprit.
Comment cette page est tenue à jour
La CNAF publie ce dénombrement chaque mois, avec plusieurs mois de recul sur le mois de droit. Cette page est reprise à chaque diffusion. Les effectifs du mois le plus récent y sont substitués. Les comparaisons annuelles sont recalculées, et la date de relevé placée en tête est modifiée.
Le choix d'une page unique plutôt que d'un article par mois est délibéré. Une série mensuelle produirait douze pages par an disant la même chose sur des données différentes. Ces pages se concurrenceraient et noieraient l'information. Le lecteur qui cherche le nombre de foyers au RSA a besoin du dernier chiffre connu.
Ce parti a un coût, qu'il faut énoncer. Les valeurs citées ici ne valent qu'à la date de relevé indiquée en tête. La CNAF révise ses mois de droit antérieurs à mesure que les droits se consolident. Un effectif relevé à une date peut donc différer de celui publié plus tard pour le même mois.
Toute reprise de ces chiffres doit mentionner la date de relevé, et non celle de la consultation. Cette mention garantit la traçabilité des données. Elle évite de comparer des chiffres issus de relevés différents. La date de relevé figure en tête de page.
Ce que la donnée ne dit pas
Le fichier compte des foyers dont un droit est ouvert pour un mois donné. Il ne mesure ni la pauvreté, ni les montants versés, ni la durée passée dans le dispositif.
Le non-recours n'y figure pas. Les foyers qui rempliraient les conditions sans demander la prestation ne sont pas comptés, et leur nombre n'est pas mesurable à partir de ces données.
Aucune population de référence n'accompagne la série. Le fichier ne permet donc pas de calculer un taux de couverture rapporté aux habitants, seule mesure qui autoriserait une comparaison entre départements.
L'âge ventilé est celui de l'allocataire, celui au nom duquel le droit est ouvert, et non celui des personnes couvertes. Un foyer de quatre personnes figure dans une seule tranche.
Une rupture de série existe entre décembre 2018 et janvier 2019, signalée par la CNAF dans la documentation du jeu. Aucune comparaison franchissant cette date n'est conduite ici.
Deux territoires du fichier, codés 99 et XX, ne portent aucun libellé. La CNAF n'en donne pas la définition dans ce jeu ; ils pèsent 365 foyers et sont écartés des comparaisons entre départements.
Les mois de droit antérieurs sont révisés à mesure que les droits se consolident. Un effectif relevé à une date peut différer de celui que la CNAF sert plus tard pour le même mois.
La part des changements de règles de 2025 dans les évolutions constatées n'est pas mesurable ici, et aucune variation citée ne leur est imputée.
Sources
Questions fréquentes
Peut-on percevoir le RSA et la prime d'activité en même temps ?
Oui. En février 2026, 469 013 foyers étaient dans ce cas, soit 7,85 % des bénéficiaires. C'est la situation d'un foyer dont un membre travaille pour un revenu trop faible pour mettre fin au droit au RSA.
Combien de foyers perçoivent le RSA ou la prime d'activité ?
5 976 257 foyers en février 2026, dernier mois de droit publié, couvrant 11 463 340 personnes. Ils étaient 6 067 822 un an plus tôt, soit 91 565 de moins.
Le cumul des deux prestations augmente-t-il toujours ?
Non, le cumul n'augmente plus chaque mois. Il a atteint un sommet en janvier 2026, puis a diminué en février pour revenir à 469 013 foyers. Sa progression sur un an a ralenti, passant de 10,89 % à 6,94 %, mais elle reste positive.
Quel département compte le plus de bénéficiaires ?
Le Nord, avec 280 400 foyers en février 2026. Les dix premiers départements rassemblent 29,42 % des foyers. Ce classement suit largement la population : le fichier ne porte aucune population de référence, et ne permet donc aucun taux de couverture.
Quel est l'âge des allocataires ?
67,71 % des foyers relèvent d'une tranche inférieure à quarante-cinq ans en février 2026. La plus nombreuse est celle des 25 à 29 ans, avec 969 904 foyers. Les 65 ans ou plus n'en représentent que 1,01 %.
Cet article appartient à la rubrique Social, tenue par Julie PGRAI.

