RSA et prime d'activité : le recul se concentre sur les 20-24 ans
En février 2026, les foyers dont le responsable a entre 20 et 24 ans concentrent 44,93 % de la baisse annuelle des allocataires du RSA et de la prime d'activité. Ces jeunes foyers touchent très majoritairement la prime d'activité sans le RSA. À l'autre bout de la pyramide des âges, le RSA seul concerne plus de la moitié des foyers de 65 ans ou plus.

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Les jeunes adultes et les allocataires proches de la retraite ne relèvent pas des mêmes prestations de solidarité. Les premiers perçoivent presque tous la prime d'activité sans le RSA, tandis que les seconds relèvent bien plus souvent du RSA seul. Sur un an, c'est aussi chez les 20-24 ans que le nombre de foyers allocataires recule le plus.
La Caisse nationale des allocations familiales dénombre 5 976 257 foyers allocataires du RSA, de la prime d'activité ou des deux en février 2026. Ils étaient 6 067 822 un an plus tôt, soit 91 565 foyers de moins sur douze mois. Ventilé selon l'âge du responsable de dossier, ce recul dessine un portrait que le total national ne laisse pas voir.
Les 20-24 ans portent près de la moitié du recul annuel
Entre février 2025 et février 2026, le nombre de foyers allocataires recule de 1,51 %, une baisse modeste à l'échelle nationale. Cette moyenne recouvre pourtant des trajectoires très inégales selon l'âge du responsable de dossier. Sur les onze tranches d'âge renseignées, une tranche concentre à elle seule près de la moitié de la diminution. Il s'agit des foyers dont le responsable a entre 20 et 24 ans, juste après la tranche des moins de 20 ans.
Ces foyers passent de 775 677 à 734 533 en un an, soit 41 144 foyers allocataires de moins. La baisse atteint 5,30 % dans cette tranche, un rythme plus de trois fois supérieur à celui de l'ensemble. Rapportée au recul national, elle en représente 44,93 %, bien au-delà du poids de la tranche parmi les allocataires. La deuxième contribution, celle des 50-54 ans, reste nettement inférieure, comme le montre la suite de cet article.
Le recul des jeunes foyers porte presque entièrement sur la prime d'activité versée sans le RSA. Chez les 20-24 ans, ces foyers passent de 717 662 à 678 131, soit 39 531 de moins en un an. Le RSA seul et le cumul des deux prestations, bien moins répandus dans cette tranche, ne pèsent que peu dans ce recul. La baisse chez les jeunes allocataires est donc d'abord celle de la prime d'activité, et non celle du RSA.
Le jeu de données ne dit pas pourquoi ces foyers sortent du décompte d'une année sur l'autre. Une hausse des revenus, un changement de situation familiale ou une demande non renouvelée produiraient le même effet statistique. Seules des données sur les entrées et les sorties du dispositif permettraient de départager ces hypothèses. Le dénombrement mensuel de la Caisse nationale des allocations familiales décrit un stock, pas les mouvements qui le font varier.
Chez les jeunes adultes, la prime d'activité seule domine largement
Dans la tranche des 20-24 ans, le RSA sans prime d'activité ne concerne que 5,99 % des foyers allocataires. Tous les autres foyers de cette tranche touchent la prime d'activité, seule ou cumulée avec le RSA. Aucune autre tranche d'âge ne présente une part aussi faible de RSA seul parmi ses allocataires. Les jeunes adultes sont ainsi le public le plus concentré sur une seule prestation.
Le contraste apparaît mieux encore quand on compare le poids de la tranche dans chacune des deux prestations. Les 20-24 ans représentent 16,40 % des foyers qui touchent la seule prime d'activité. Ils ne forment en revanche que 3,20 % des foyers qui perçoivent le seul RSA. Le même groupe d'âge pèse donc bien davantage dans une prestation que dans l'autre.
Selon la fiche de la Caisse nationale des allocations familiales, la prime d'activité s'adresse aux personnes en activité professionnelle aux ressources modestes. Un indicateur limité au RSA laisserait donc de côté l'essentiel des jeunes foyers allocataires. À l'inverse, suivre la prime d'activité seule donne une image plus complète de leur présence dans les prestations. Le choix de la prestation observée change ainsi la conclusion que l'on tire sur un même public.
Les champs servis par ce jeu ne décrivent ni la durée de perception, ni le type d'emploi occupé par l'allocataire. Ils ne permettent donc pas de dire si ces jeunes foyers travaillent à temps plein ou à temps partiel. Ils ne disent pas non plus depuis combien de temps chaque foyer perçoit sa prestation. Ces questions relèvent d'autres sources que le dénombrement mensuel publié par la caisse nationale.
- Prime d'activité seule : 4 134 479 foyers allocataires en février 2026, toutes tranches d'âge confondues.
- RSA seul : 1 372 765 foyers allocataires à la même date, sur le même périmètre national.
- RSA et prime d'activité cumulés : 469 013 foyers allocataires, soit la situation la moins fréquente des trois.
Passé 60 ans, le RSA seul pèse nettement plus
Entre 25 et 59 ans, le RSA seul concerne une part assez stable des foyers de chaque tranche d'âge. La répartition bascule ensuite nettement chez les allocataires les plus âgés. Chez les 60-64 ans, le RSA sans prime d'activité concerne déjà 38,58 % des foyers allocataires. Chez les 65 ans ou plus, cette part atteint 53,66 %, et c'est la seule tranche où le RSA seul devient majoritaire.
Vu depuis le RSA, le poids des allocataires âgés apparaît nettement plus élevé que dans l'ensemble. Les foyers de 60 ans ou plus regroupent 10,37 % des allocataires du RSA seul. Ils ne représentent pourtant que 5,78 % de l'ensemble des foyers allocataires, toutes prestations confondues. Dans la prime d'activité seule, leur poids tombe même à 4,26 % des foyers.
En volume, ces foyers restent peu nombreux au regard des tranches centrales de la pyramide. Les 60-64 ans comptent 285 590 foyers allocataires, dont 110 171 au RSA seul. Les 65 ans ou plus n'en comptent que 60 073, dont 32 234 au RSA seul. La tranche des 25-29 ans dépasse à elle seule ces deux tranches réunies.
Le jeu ne dit pas pourquoi le RSA seul pèse davantage à ces âges avancés. Il ne renseigne ni l'état de santé, ni la durée passée hors de l'emploi, ni les droits à la retraite des allocataires. Les conditions d'accès propres à chaque prestation ne figurent pas non plus dans ses données, sa fiche ne décrivant que celles de la prime d'activité. Toute explication de cet écart supposerait donc des données que ce dénombrement ne contient pas.
Où se concentrent les foyers allocataires ?
Les foyers allocataires se concentrent d'abord chez les responsables de dossier âgés de moins de 45 ans. La tranche la plus nombreuse est celle des 25-29 ans, qui compte 969 904 foyers en février 2026. Viennent ensuite les 30-34 ans, puis les 35-39 ans et enfin les 20-24 ans. Au-delà de 45 ans, chaque tranche d'âge compte moins de foyers allocataires que la précédente.
Les foyers dont le responsable a moins de 30 ans représentent 29,50 % de l'ensemble des allocataires. Cette part inclut les moins de 20 ans, qui ne comptent que 58 552 foyers allocataires. Le poids des jeunes adultes tient donc surtout aux tranches des 20-24 ans et des 25-29 ans. Ensemble, ces deux tranches forment le socle le plus large de la population allocataire.
Cette concentration aux âges actifs éclaire la place de la prime d'activité dans l'ensemble des prestations. La prime d'activité seule est la situation la plus fréquente dans toutes les tranches d'âge, sauf chez les 65 ans ou plus. Le RSA seul n'occupe la première place que dans cette dernière tranche. Un portrait des allocataires fondé sur le seul RSA serait donc décalé vers les âges élevés.
Ces effectifs ne sont pas rapportés à la population de chaque tranche d'âge. Une tranche nombreuse peut refléter une génération plus fournie autant qu'une présence plus forte parmi les allocataires. Le jeu de la Caisse nationale des allocations familiales ne permet pas, à lui seul, de calculer un taux par âge. Il faudrait le croiser avec des estimations de population, ce que cet article ne fait pas.
Pourquoi les personnes couvertes culminent-elles plus tard ?
Le dénombrement compte aussi les personnes couvertes, soit le responsable de dossier et les personnes de son foyer. En février 2026, elles sont 11 463 340 pour l'ensemble des foyers allocataires du RSA et de la prime d'activité. Leur répartition par âge ne suit pas celle des foyers. Le point haut se déplace vers des tranches plus âgées.
Les foyers des 35-39 ans rassemblent 1 922 360 personnes couvertes, davantage que toute autre tranche d'âge. Les 25-29 ans, pourtant plus nombreux en foyers, n'arrivent qu'au quatrième rang en personnes couvertes. L'écart tient à la taille moyenne des foyers, qui varie fortement selon l'âge du responsable. On compte 2,50 personnes par foyer chez les 35-39 ans.
Chez les 20-24 ans, ce rapport tombe à 1,27 personne par foyer allocataire. Ces jeunes foyers regroupent 936 088 personnes couvertes au total. La moyenne ne dit pas combien d'entre eux vivent seuls, puisque le jeu ne publie que des totaux. Il ne distingue pas davantage les conjoints, les enfants et les autres personnes à charge.
Cette différence modifie la mesure de ce que représente chaque tranche d'âge. Compter les foyers met en avant les jeunes adultes, compter les personnes met en avant les allocataires de 30 à 44 ans. Les deux lectures sont exactes, mais elles ne répondent pas à la même question. La première renseigne sur les dossiers, la seconde sur le nombre de personnes dont les ressources en dépendent en partie.
Deux tranches progressent quand les autres reculent
Sur un an, le recul du nombre de foyers allocataires n'est pas général. Les 45-49 ans gagnent 5 237 foyers, passant de 589 904 à 595 141. Les 60-64 ans progressent de 2 828 foyers sur la même période. Ce sont les deux seules tranches d'âge renseignées en hausse.
À l'opposé, les 50-54 ans perdent 24 616 foyers, soit la deuxième baisse la plus forte après celle des 20-24 ans. Ils passent de 564 496 à 539 880 foyers allocataires, un recul de 4,36 % en un an. Les 30-34 ans et les 55-59 ans reculent aussi, dans des proportions moindres. Les autres tranches ne varient que de quelques milliers de foyers au plus.
Le tableau ci-dessous reprend toutes les tranches, hors foyers d'âge indéterminé. Ces derniers ne sont que 1 422 en février 2026. Les écarts sont calculés par la rédaction à partir des deux mois de droit. Ils décrivent un solde net, et non les entrées et sorties du dispositif.
Ce seul jeu n'explique pas la hausse des 45-49 ans et des 60-64 ans. Les données constatent le mouvement sans en fournir la cause.
| Tranche d'âge du responsable | Foyers en février 2025 | Foyers en février 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Moins de 20 ans | 58 836 | 58 552 | -284 |
| De 20 à 24 ans | 775 677 | 734 533 | -41 144 |
| De 25 à 29 ans | 971 311 | 969 904 | -1 407 |
| De 30 à 34 ans | 826 815 | 813 716 | -13 099 |
| De 35 à 39 ans | 770 674 | 767 512 | -3 162 |
| De 40 à 44 ans | 704 574 | 702 116 | -2 458 |
| De 45 à 49 ans | 589 904 | 595 141 | +5 237 |
| De 50 à 54 ans | 564 496 | 539 880 | -24 616 |
| De 55 à 59 ans | 459 671 | 447 818 | -11 853 |
| De 60 à 64 ans | 282 762 | 285 590 | +2 828 |
| 65 ans ou plus | 61 760 | 60 073 | -1 687 |
Comment lire ces écarts d'âge sans les surinterpréter ?
Le dénombrement de la Caisse nationale des allocations familiales mesure des droits ouverts pour un mois donné. Il ne dit rien des personnes qui remplissent les conditions sans avoir demandé la prestation. Une baisse du nombre d'allocataires n'équivaut donc pas forcément à une baisse des besoins. Cette prudence vaut particulièrement pour les jeunes adultes, dont le recul domine la variation annuelle.
La comparaison porte sur deux mois de février, ce qui évite de rapprocher des moments différents de l'année. Elle ne dit rien, en revanche, des variations intervenues entre ces deux points. Le jeu publie pourtant une série mensuelle qui permettrait de suivre cette trajectoire mois par mois. Cet article s'en tient délibérément à deux dates, et ne décrit donc pas le chemin suivi entre elles.
L'âge retenu est celui du responsable de dossier, et non celui de chaque personne couverte. Un enfant compté dans un foyer de 35-39 ans figure donc dans cette tranche, quel que soit son âge. Les personnes couvertes ne dessinent pas une pyramide des âges des bénéficiaires au sens strict. Elles mesurent la taille des foyers rattachés à chaque tranche de responsables.
La prochaine publication mensuelle dira si le repli des 20-24 ans se prolonge ou s'il reste un mouvement passager. Elle dira aussi si la hausse des 45-49 ans et des 60-64 ans se confirme au fil des mois. Ces trois tranches sont celles à suivre en priorité dans les chiffres de la Caisse nationale des allocations familiales. Pour la répartition entre RSA et prime d'activité, la page de référence de la rubrique Social reste le point d'entrée.
À lire aussi
Ce que la donnée ne dit pas
Le dénombrement compte des droits ouverts, pas un besoin. Les personnes éligibles qui n'ont pas demandé le RSA ou la prime d'activité n'y figurent pas. Une baisse du nombre d'allocataires peut donc traduire un recul du recours autant qu'un recul du besoin.
Les effectifs par tranche ne sont pas rapportés à la population du même âge. Une tranche nombreuse ne signifie pas un taux d'allocataires plus élevé, et ce jeu seul ne permet pas de calculer un tel taux.
Comparer deux mois de février donne un solde net sur un an. Il ne dit pas combien de foyers sont entrés ou sortis du dispositif. Il ne montre pas non plus l'évolution entre ces deux dates, que la série mensuelle du jeu permettrait de suivre.
L'âge est celui du responsable de dossier. Les personnes couvertes sont classées dans la tranche de ce responsable, et le jeu ne donne l'âge ni des conjoints ni des enfants.
Le jeu ne renseigne ni l'emploi occupé, ni la durée de perception, ni l'état de santé, ni les droits à la retraite. Il ne permet donc d'expliquer aucun des écarts constatés entre tranches d'âge.
Sources
Source primaire
Enrichissement
Emplois vacants - Part d'emplois vacants par type de vacance (cvs-cjo, trimestrielles)
Source primaire
Source primaire
Source primaire
Questions fréquentes
Combien de personnes vivent dans un foyer qui touche le RSA ou la prime d'activité ?
En février 2026, les foyers allocataires du RSA, de la prime d'activité ou des deux couvrent 11 463 340 personnes selon la Caisse nationale des allocations familiales. Ce total additionne les responsables de dossier et les personnes de leur foyer. Il ne dit pas combien de ces personnes sont des enfants.
Quelle est la prestation la plus répandue chez les allocataires ?
La prime d'activité versée sans le RSA est la situation la plus fréquente, avec 4 134 479 foyers en février 2026. Le RSA seul concerne 1 372 765 foyers et le cumul des deux 469 013 foyers. Seuls les foyers de 65 ans ou plus font exception, le RSA seul y étant majoritaire.
Pourquoi les jeunes touchent-ils surtout la prime d'activité plutôt que le RSA ?
Le jeu de données constate cette répartition sans l'expliquer. Ses données ne contiennent ni les conditions d'accès, ni la situation d'emploi des allocataires, et sa fiche ne décrit que la prime d'activité, en une phrase. Pour comprendre cet écart, il faut se reporter aux règles d'attribution publiées par la caisse, que ce dénombrement ne contient pas.
Une baisse du nombre d'allocataires veut-elle dire moins de pauvreté ?
Pas nécessairement, car le dénombrement mesure des droits ouverts et non des besoins. Une personne éligible qui ne demande pas la prestation n'apparaît pas dans les chiffres. Une baisse peut donc refléter une amélioration des revenus comme un recours moins fréquent, sans que ce jeu permette de trancher.
À quelle fréquence la Caisse nationale des allocations familiales publie-t-elle ces chiffres ?
Le jeu est mis à jour chaque mois et décrit le nombre d'allocataires pour un mois de droit donné. Il est ventilé par département et par tranche d'âge du responsable de dossier. Chaque nouveau mois permet de vérifier si les tendances observées se prolongent.
Cet article appartient à la rubrique Social, tenue par Julie PGRAI.




