Dix grands départements : le RSA seul pèse de 20,05 % à 43,67 %
Dans les dix départements comptant le plus de foyers allocataires du RSA ou de la prime d'activité, la part de ceux qui ne touchent que le RSA varie fortement. La Réunion domine ce classement, alors que le Nord domine celui des effectifs. La composition des foyers change ainsi la lecture d'un simple classement par nombre.

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Parmi les grands départements, la part des foyers allocataires qui ne touchent que le RSA dépasse le double d'un extrême à l'autre en mars 2026. Elle atteint 43,67 % à La Réunion, contre 20,05 % en Gironde, selon la Caisse nationale des allocations familiales. La part nationale, calculée sur l'ensemble des foyers du fichier, se situe à 23,28 %, entre ces deux valeurs.
Le classement habituel par nombre de foyers place le Nord en tête, avec 280 123 foyers allocataires du RSA ou de la prime d'activité. Ce classement masque pourtant la composition de ces foyers, entre ceux qui touchent le RSA seul, la prime seule ou les deux. Cet article compare cette composition dans les dix départements comptant le plus de foyers allocataires, à partir des données de mars 2026.
Quels départements comptent la plus forte part de foyers au RSA seul ?
La Réunion arrive en tête parmi les dix départements étudiés, avec 71 973 foyers au RSA seul sur 164 805 foyers allocataires, soit 43,67 %. La Seine-Saint-Denis suit avec 33,74 %, soit 65 669 foyers au RSA seul sur un total de 194 606 foyers allocataires. Paris complète ce trio de tête avec 31,92 %, calculé sur 50 478 foyers au RSA seul et 158 134 foyers au total. Ces trois territoires se situent tous au-dessus de la part nationale de 23,28 %, calculée sur 5 979 631 foyers allocataires en mars 2026.
La part du RSA seul désigne les foyers qui perçoivent le revenu de solidarité active sans prime d'activité associée. Les deux autres modalités du jeu sont la prime d'activité seule et le cumul des deux prestations au sein d'un même foyer. Ces trois modalités sont exclusives, si bien que leur somme redonne le total des foyers allocataires de chaque territoire. La Caisse nationale des allocations familiales publie ce découpage chaque mois, département par département, dans un même jeu de données ouvert.
Le contraste se lit aussi dans l'autre sens : la prime d'activité seule domine partout dans ce groupe, mais avec une intensité très inégale. À La Réunion, elle regroupe 74 581 foyers, à peine plus que les 71 973 foyers au RSA seul du même département. Dans le Nord, la prime d'activité seule concerne 186 645 foyers, nettement plus que les 70 218 foyers au RSA seul. Cette diversité de compositions montre qu'un simple classement par nombre de foyers ne dit rien du mélange de prestations perçues.
Pour lire ces parts, il faut donc distinguer le numérateur, les foyers au RSA seul, du dénominateur, l'ensemble des foyers allocataires du département. Le dénominateur regroupe les trois modalités, y compris la prime d'activité seule, qui pèse le plus lourd dans chacun des dix départements. Une part élevée de RSA seul ne signifie donc pas plus de foyers au RSA seul : elle dépend aussi de la taille du reste.
La Réunion compte plus de foyers au RSA seul que le Nord
En effectifs bruts, La Réunion devance le Nord sur le seul RSA, avec 71 973 foyers contre 70 218 pour le département nordiste. L'écart entre les deux territoires s'élève à 1 755 foyers, calcul de la rédaction fondé sur les deux effectifs cités. Pourtant, le Nord compte 280 123 foyers allocataires au total, contre 164 805 à La Réunion, soit 115 318 foyers de plus. Cet écart de 115 318 foyers ne se retrouve donc pas sur le RSA seul, où les deux départements se tiennent de très près.
Le renversement s'observe sur la prime d'activité seule, qui compte 186 645 foyers dans le Nord et 74 581 à La Réunion. Le cumul des deux prestations concerne 23 260 foyers dans le Nord et 18 251 foyers à La Réunion, soit un écart plus réduit.
Rapportée à ses foyers allocataires, la part du RSA seul est de 43,67 % à La Réunion et de 25,07 % dans le Nord. La différence entre ces deux parts est nette, alors que les effectifs bruts de foyers au RSA seul se tiennent de très près. À La Réunion, la part du RSA seul dépasse nettement la part nationale, ce que confirme la comparaison directe des deux pourcentages.
Le Nord domine le classement par foyers allocataires, alors que La Réunion domine celui des parts de RSA seul parmi ces dix départements. Aucun des deux classements n'est faux, mais chacun répond à une question différente posée par un lecteur curieux de ces territoires. Le tableau ci-dessous rassemble les dix départements pour comparer d'un coup d'œil les effectifs au RSA seul et leur part.
| Département | Foyers au RSA seul | Part parmi les foyers allocataires |
|---|---|---|
| La Réunion | 71 973 | 43,67 % |
| Seine-Saint-Denis | 65 669 | 33,74 % |
| Paris | 50 478 | 31,92 % |
| Bouches-du-Rhône | 53 706 | 25,86 % |
| Nord | 70 218 | 25,07 % |
| Hérault | 32 094 | 23,90 % |
| Pas-de-Calais | 36 001 | 23,03 % |
| Rhône | 36 366 | 21,46 % |
| Haute-Garonne | 30 108 | 20,74 % |
| Gironde | 29 903 | 20,05 % |
| France entière | 1 392 304 | 23,28 % |
Gironde, Haute-Garonne et Rhône : les parts les plus basses
La Gironde affiche la part de RSA seul la plus basse du groupe, avec 20,05 %, soit 29 903 foyers sur 149 113. La Haute-Garonne la suit de près, avec 20,74 % correspondant à 30 108 foyers au RSA seul sur 145 176 foyers allocataires. Le Rhône complète ce trio des parts les plus basses, avec 21,46 %, soit 36 366 foyers au RSA seul sur 169 476. Ces trois départements se situent tous en dessous de la part nationale de 23,28 %, calculée sur 5 979 631 foyers en mars 2026.
Dans ces trois départements, la prime d'activité seule regroupe la grande majorité des foyers allocataires, loin devant le RSA seul. La Gironde compte ainsi 106 894 foyers à la prime d'activité seule, contre 29 903 au RSA seul et 12 316 au cumul. Le Rhône présente une répartition voisine, avec 120 639 foyers à la prime d'activité seule et 12 471 foyers au cumul. La Haute-Garonne compte 104 409 foyers à la prime d'activité seule et 10 659 au cumul, pour un total de 145 176 foyers.
Ces trois départements figurent pourtant parmi les dix premiers par foyers, du quatrième rang pour le Rhône au neuvième pour la Haute-Garonne. Leur volume de foyers allocataires est donc élevé, alors que la part du seul RSA y reste la plus basse du groupe. Aucune statistique de ce jeu n'indique pourquoi ces territoires présentent une part plus faible : la donnée constate, elle n'explique pas. Chercher une cause dans ces chiffres serait donc une interprétation qui dépasse ce que le fichier publié par l'organisme permet d'affirmer.
Pour situer l'écart, la Gironde se trouve à 20,05 %, contre 43,67 % à La Réunion, soit 23,62 points de pourcentage d'écart. Ce calcul de la rédaction soustrait simplement les deux parts calculées dans cet article, sans aucune autre hypothèse ni pondération. Il compare deux départements extrêmes de ce groupe, et non l'ensemble des départements, dont beaucoup comptent moins de foyers allocataires.
Nord, Bouches-du-Rhône, Hérault et Pas-de-Calais autour de la part nationale
Le Nord se situe à 25,07 %, soit 70 218 foyers au RSA seul sur 280 123 foyers allocataires en mars 2026. Les Bouches-du-Rhône affichent 25,86 %, avec 53 706 foyers au RSA seul parmi 207 698 foyers allocataires, soit un niveau proche du Nord. Ces deux départements dépassent légèrement la part nationale de 23,28 %, sans s'en écarter autant que La Réunion ou la Seine-Saint-Denis. Le Nord et les Bouches-du-Rhône figurent aux deux premiers rangs du classement par foyers, mais pas à ceux du classement par part.
Le Pas-de-Calais se place à 23,03 %, avec 36 001 foyers au RSA seul sur 156 321 foyers allocataires, un niveau presque identique à la part nationale. L'Hérault atteint 23,90 %, soit 32 094 foyers au RSA seul sur 134 264 foyers allocataires, à peine au-dessus de la part nationale. Ces deux départements encadrent donc la part nationale de 23,28 %, l'un légèrement en dessous, l'autre légèrement au-dessus. Leur position intermédiaire rappelle que la part de RSA seul ne s'organise pas en deux blocs, mais forme un continuum entre les extrêmes.
Le tableau permet de classer les dix départements du plus haut au plus bas selon la part de foyers au RSA seul. En haut figurent La Réunion, la Seine-Saint-Denis et Paris, dont les parts dépassent toutes celles des sept autres départements. En bas figurent la Gironde, la Haute-Garonne et le Rhône, tous sous la part nationale, ce qui referme l'éventail des situations. Au milieu, quatre départements se tiennent dans un mouchoir autour de la part nationale, entre 23,03 % et 25,86 %.
Aucun des dix départements ne présente une part de RSA seul inférieure à 20,05 %, valeur observée en Gironde. Aucun n'atteint non plus le niveau de La Réunion, à 43,67 %, qui reste isolé au sein de ce groupe de grands départements. La Seine-Saint-Denis, deuxième de ce classement par part, se situe à 33,74 %, nettement en dessous de La Réunion dans ce groupe. L'éventail complet des situations s'étend donc de 20,05 % à 43,67 %, selon le département considéré dans ce groupe.
Que mesure vraiment la part de foyers au RSA seul ?
Cette part rapporte un nombre de foyers à un autre nombre de foyers, et non des personnes ni des montants versés. Un foyer peut compter plusieurs personnes, et le jeu de données publie aussi le nombre de personnes couvertes par département. À La Réunion, 164 805 foyers couvrent 350 613 personnes, tandis que le Nord compte 569 981 personnes pour 280 123 foyers. Ces chiffres rappellent qu'un foyer n'est pas une personne, et que les parts présentées ici comptent bien des foyers.
La donnée décrit un état à une date : elle recense les foyers présents en mars 2026, sans dire depuis quand ils y figurent. Elle ne dit rien non plus des entrées et des sorties du dispositif entre deux mois consécutifs dans un même département. Un foyer qui passe du RSA seul à la prime d'activité seule change donc de modalité sans qu'aucune ligne le signale.
Il s'agit aussi de droits ouverts, non d'un besoin : les personnes éligibles qui ne font pas valoir leur droit n'y figurent pas. Une part faible de RSA seul ne dit donc pas que peu de foyers y seraient éligibles, et une part forte ne dit pas l'inverse. Le dénombrement ne mesure pas non plus un taux de recours, faute d'un nombre de foyers éligibles auquel le rapporter.
Les parts de cet article neutralisent en partie l'effet de taille des départements, puisqu'elles rapportent les foyers au RSA seul au total local. Elles ne corrigent pas pour autant les différences de structure des populations locales, que ce fichier ne décrit que par l'âge du responsable de dossier. Ce jeu ne dit rien des revenus ni des montants versés, et n'indique ni le type ni la durée de l'activité professionnelle des foyers recensés.
- Vérifier le dénominateur : la part se rapporte à tous les foyers allocataires du département, prime d'activité seule comprise.
- Croiser la part avec l'effectif brut, qui dit combien de foyers sont réellement concernés.
- Comparer le même mois d'une année à l'autre avant de parler d'évolution.
Pourquoi le classement par nombre de foyers masque-t-il la composition ?
Le classement par foyers place le Nord, les Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis sur le podium, avec 280 123, 207 698 et 194 606 foyers. La Réunion occupe le cinquième rang de ce classement, derrière le Rhône, alors qu'elle arrive première pour la part du RSA seul. Paris se classe sixième par foyers avec 158 134, mais troisième pour la part du RSA seul dans ce groupe de dix. Le Rhône, quatrième par foyers avec 169 476, tombe au huitième rang pour la part, avec 21,46 %, sous la part nationale.
Un lecteur qui ne verrait que le classement par foyers supposerait que le RSA seul suit le total, ce que les chiffres contredisent. Les deux rangs coïncident à peine : les trois premiers par foyers ne sont pas les trois premiers par part de RSA seul. Seule la Seine-Saint-Denis figure dans les trois premiers des deux classements, avec le troisième rang par foyers et le deuxième par part. Cette divergence illustre l'intérêt de suivre plusieurs indicateurs, plutôt qu'un seul, quand on lit des statistiques sociales départementales.
Les effectifs restent utiles, parce qu'ils disent combien de foyers sont concernés, tandis que la part dit comment ils se répartissent. Le Nord concentre la plus grande masse de foyers allocataires, mais La Réunion compte plus de foyers au RSA seul que lui. Cette double lecture évite de résumer un département par une seule statistique, qu'elle soit un effectif ou une part. Elle invite aussi à vérifier chaque classement publié contre la composition du total, au lieu de s'arrêter au premier rang.
Les articles déjà publiés par Corp Journal sur cette série décrivent d'autres dimensions du même jeu de données. Ils portent sur l'évolution sur un an, sur les âges des allocataires et sur la série nationale. Cet article ajoute la lecture par département de la composition des foyers, entre RSA seul, prime d'activité seule et cumul. Il se limite à mars 2026, dernier mois publié dans le jeu de données au moment de la rédaction de cet article.
La prochaine publication dira si ces parts se déplacent
La série mensuelle de la Caisse nationale des allocations familiales permettra de vérifier, mois après mois, si ces parts de RSA seul bougent. Cet article ne compare que mars 2026 : il ne dit rien de la trajectoire de chaque département avant ou après. Le dernier mois de la série nationale donne 5 979 631 foyers pour les trois modalités réunies, point de départ de toute comparaison future.
Trois points méritent l'attention à la prochaine parution : la part de RSA seul à La Réunion, celle de la Gironde et la part nationale. Leur mise à jour dira si l'éventail de 20,05 % à 43,67 % se resserre, reste stable ou s'élargit d'un mois à l'autre. Une évolution isolée d'un seul mois ne suffirait pas à conclure, faute de recul sur la variabilité habituelle de cette série. Il faudra donc comparer plusieurs mois consécutifs, et de préférence le même mois d'une année sur l'autre, avant de parler de tendance.
Un point de vigilance concerne la prime d'activité seule, qui reste la première modalité en effectifs dans chacun des dix départements. Une variation de son poids modifierait mécaniquement la part du RSA seul, même sans aucun changement chez les foyers du RSA. Suivre les effectifs et les parts ensemble permettra donc de distinguer un vrai mouvement du RSA seul d'un simple effet de dénominateur. Cet article y contribue en fixant, pour mars 2026, les valeurs de départ des dix plus grands départements par nombre de foyers.
En mars 2026, le RSA seul pèse entre 20,05 % et 43,67 % des foyers allocataires dans les dix départements les plus fournis en allocataires. Le classement par nombre de foyers, lui, ne dit rien de ce mélange, et La Réunion en offre l'exemple le plus net. La prochaine mise à jour de la Caisse nationale des allocations familiales dira si ces parts restent proches ou s'écartent. Elle permettra de refaire ce même tableau sur un mois plus récent et de mesurer ce qui a bougé entre les deux.
À lire aussi
Ce que la donnée ne dit pas
Le fichier compte des foyers en mars 2026, pas des personnes ni des montants : un foyer peut regrouper plusieurs personnes, et aucun montant versé n'y figure.
Les parts mesurent des droits ouverts et non un besoin : les personnes éligibles qui ne demandent pas leur prestation n'apparaissent pas dans ces effectifs.
L'article ne décrit que dix départements. Hors de ce groupe, le fichier montre des parts plus élevées que celle de La Réunion et plus basses que celle de la Gironde.
Une part n'est pas un taux de recours, faute de nombre de foyers éligibles auquel rapporter les foyers recensés.
Cet article décrit un seul mois : un état à une date ne dit rien des entrées, des sorties ni de la durée de présence dans le dispositif.
Le jeu ne renseigne pas la cause de l'écart entre départements : rien dans les données ne relie la composition des foyers à un facteur local.
Sources
Source primaire
Enrichissement
Emplois vacants - Nombre d'emplois vacants (brutes, trimestrielles)
Source primaire
Source primaire
Source primaire
Questions fréquentes
Que désigne l'expression RSA seul dans ce jeu de données ?
Elle désigne les foyers qui perçoivent le revenu de solidarité active sans prime d'activité associée. Les deux autres modalités publiées par la Caisse nationale des allocations familiales sont la prime d'activité seule et le cumul des deux prestations. Les trois modalités sont exclusives et leur somme redonne le total des foyers allocataires.
Quelle est la part nationale de foyers au RSA seul en mars 2026 ?
Elle s'établit à 23,28 %, soit 1 392 304 foyers au RSA seul sur 5 979 631 foyers allocataires du RSA ou de la prime d'activité en mars 2026. Ce calcul de la rédaction rapporte le total du RSA seul au total national, toutes modalités confondues.
Le Nord compte-t-il plus de foyers au RSA seul que La Réunion ?
Non, pas en mars 2026 : La Réunion compte 71 973 foyers au RSA seul contre 70 218 dans le Nord. Pourtant, le Nord compte 280 123 foyers allocataires au total contre 164 805 à La Réunion. Le classement dépend donc de l'indicateur retenu.
Une part élevée de RSA seul signifie-t-elle un besoin plus fort dans le département ?
Non, la donnée ne le permet pas. Elle recense des droits ouverts au sein des foyers allocataires, pas les personnes éligibles qui ne demandent pas leur prestation. Elle ne mesure ni un taux de recours ni un besoin, seulement une composition.
Peut-on comparer ces parts à celles d'autres mois ?
Oui, la Caisse nationale des allocations familiales publie le même découpage chaque mois, ce qui permet de recalculer ces parts sur d'autres mois. Cet article n'en décrit qu'un seul, mars 2026, et ne dit rien de l'évolution dans le temps.
Cet article appartient à la rubrique Social, tenue par Julie PGRAI.




